Ce jeudi 27 mars, l’autorité environnementale a rendu un avis mitigé sur le projet d’aménagement de l’entrée Sud de la commune de Layrac, au Sud d’Agen. En effet, plusieurs lacunes ont été soulevées. Les détails.
La commune de Layrac, située à une dizaine de kilomètres au Sud d’Agen, a pour projet de transformer son entrée Sud. L’objectif est ainsi de moderniser les infrastructures, développer l’offre de logements sociaux et renforcer les équipements sportifs. Comme tout projet d’aménagement, l’Autorité environnementale (Ae) étudie le dossier afin de rendre un avis positif ou négatif, permettant ainsi de répondre au maximum aux recommandations de l’institution. Seulement, cette fois-ci, l’Ae a relevé plusieurs lacunes en matière d’évaluation environnementale et de cohérence urbanistique. « Le projet doit être appréhendé dans son ensemble », souligne-t-elle, insistant sur la nécessité de mieux évaluer ses incidences globales.
L’aménagement de l’entrée Sud de Layrac s’articule alors autour de trois volets principaux :
Après étude du dossier, l’Autorité environnementale a mis en avant plusieurs points de vigilance concernant le projet. Parmi eux, elle regrette tout d’abord l’absence d’une approche globale prenant en compte l’ensemble des opérations connexes, telles que l’éventuelle création d’un second lotissement et d’un espace commercial. « Lorsqu’un projet est constitué de plusieurs travaux, installations, ouvrages ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage, il doit être appréhendé dans son ensemble, y compris en cas de fractionnement dans le temps et dans l’espace et en cas de multiplicité de maîtres d’ouvrage, afin que ses incidences sur l’environnement soient évaluées dans leur globalité », précise l’Autorité.
Elle note ensuite que le projet affecte des milieux naturels sensibles, notamment une zone humide et des habitats d’espèces protégées. « La mesure de compensation consiste à convertir une prairie permanente avec la création de cinq noues pour favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol. Néanmoins, si le dossier comporte une analyse d’équivalence fonctionnelle (une centaine de pages de tableur), celle-ci ne paraît pas tenir compte du fait que la zone humide impactée est située dans un réseau d’alimentation comprenant les fossés de la RN, la mare, le talweg et des zones humides à l’est de la voie ferrée. Comme précédemment indiqué, le dossier ne démontre pas non plus que l’évitement de cette zone humide n’était pas possible », alerte-t-elle, ajoutant qu’« aucune compensation n’est proposée pour la destruction des habitats de reproduction et de repos de plusieurs espèces d’oiseaux, notamment protégés ».
Enfin, l’Autorité environnementale remarque que le dossier ne prend pas complètement en compte le bruit et la pollution. Situé en bordure de la RN21, le futur lotissement sera exposé à des nuisances sonores importantes. « La réduction du recul des futures habitations par rapport à la route, prévue en application de la dérogation rendue possible par l’article L. 111-8 du code de l’urbanisme, ne s’appuie sur aucune étude acoustique qui justifierait les nouvelles valeurs de recul et montrerait que le bruit dans les futures habitations et dans leurs jardins n’induira pas d’incidence sur la santé humaine », souligne-t-elle.
Si le projet répond à un besoin d’équipements et de logements à Layrac, son développement doit intégrer des améliorations significatives sur le plan environnemental. « L’Ae recommande de fusionner les deux résumés non techniques présentées et de le compléter par des précisions quantifiant les incidences et les mesures d’évitement, de réduction et de compensation », conclut l’Autorité environnementale. Ces recommandations devront être prises en compte avant la mise en compatibilité du plan local d’urbanisme et le lancement effectif des travaux.
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