Les mesures visant à assouplir le protocole de tirs contre les loups menaçant les troupeaux sont désormais en vigueur depuis ce vendredi, avec la publication des arrêtés au Journal officiel. Ces décisions, annoncées mercredi par le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, font suite aux demandes des éleveurs et visent à simplifier les procédures dans le cadre du plan loup 2024-2029.
Le premier arrêté fixe les conditions et limites sous lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction des loups peuvent être accordées par les préfets. Un second arrêté, quant à lui, aborde l’indemnisation des éleveurs victimes des attaques, en augmentant les montants d’indemnisation : les pertes directes seront revalorisées de 33 % pour les ovins et de 25 % pour les caprins.
Marc Fesneau a précisé que ces mesures s’inscrivent dans la version définitive du plan loup pour la période 2024-2029, après des mois de concertation. Le ministre souligne que cette évolution vise à répondre aux préoccupations exprimées par de nombreux éleveurs, tout en tenant compte de la situation de la population lupine en France.
Les nouvelles mesures suscitent des réactions contrastées. Si elles sont saluées par les représentants des éleveurs, comme la FNSEA, qui réclamaient une simplification radicale du protocole pour mieux gérer la population lupine, elles sont vivement critiquées par les associations environnementales. Pour ces dernières, notamment FERUS, ces ajustements vont trop loin. Elles dénoncent un plan censé protéger le loup, mais qui permet selon elles d’en tuer davantage.
Une des évolutions majeures de ce plan est l’assouplissement des conditions d’utilisation des équipements de tir, permettant désormais aux louvetiers d’utiliser des lunettes de visée nocturne, sans devoir obligatoirement éclairer l’animal avant de tirer. Il est également envisagé de permettre jusqu’à trois tireurs sur un tir de défense simple, avec l’autorisation du préfet. Le plafond de tirs mortels reste fixé à 19 % de la population totale de loups, un seuil qui n’a pas changé par rapport au plan précédent.
L’opinion publique est donc partagée : pour certains, la mesure est nécessaire pour limiter les pertes de bétail, en particulier après les attaques ayant dévasté plus de 12.000 bêtes en 2022. D’autres, comme les associations de protection de la faune, considèrent que le loup a retrouvé sa place dans la faune française et qu’il est désormais temps d’accepter sa présence sans avoir recours à des mesures drastiques.
Le débat reste donc ouvert, et les prochaines étapes du plan loup détermineront si ces nouvelles mesures seront réellement efficaces dans la gestion de la population de loups tout en préservant les intérêts des éleveurs et de la faune.
Journal Toulousain
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