GESTES – Le festival Marionnettissimo se tient du 21 au 26 novembre dans la métropole toulousaine, avec son épicentre à Tournefeuille. Cette 20e édition propose plus de 20 spectacles avec une programmation pour tous les publics et une idée immuable : changer l’image de la marionnette. – Charline Poullain © Jean Noel ENILORAC
«On essaie d’être la vitrine de tout ce qui se fait en matière de marionnettes, avec des spectacles grand public et d’autres plus exigeants», explique Chloé Lalanne, codirectrice du Festival de formes animées Marionnettissimo. Toute l’année, l’équipe a réalisé un repérage pour attirer des compagnies de France, d’Espagne et de Belgique. « On programme au coup de cœur ! » Soit une vingtaine de représentations pour cette 20e édition.
« La marionnette peut prendre plusieurs formes différentes, il existe de nombreuses techniques », résume l’autre codirectrice, Claire Bacquet. C’est là tout l’esprit de la manifestation : dépoussiérer la discipline, révéler au public ses multiples facettes.
Quand en 1990, Jean Kaplan crée ce festival avec Rosetta Arcuri et Marina Montefusco, « ils voulaient montrer ce qui se faisait dans le domaine et prouver que la marionnette n’est pas cantonnée à Guignol et au jeune public », rappelle Chloé Lalanne. Au début, c’était une biennale, qui se produisait çà et là, à Muret, à Toulouse… En 2006, Tournefeuille a accueilli l’association à demeure et le festival est devenu annuel. Cette année encore, si l’épicentre est dans la commune, des spectacles sont programmés à Toulouse, à Castelginest, à Ramonville, à Villeneuve-Tolosane et à Saint-Affrique en Aveyron. Ce qui permet de faire tourner des compagnies dans une vingtaine de lieux.
L’inauguration aura lieu mardi 21 novembre, à 19 h, avec une performance gratuite à l’Escale de Tournefeuille. Il y aura de la poésie (volante) dans l’air… Suivie d’une première perle du Turak théâtre : Chaussures(s) à son pied. L’œuvre revisite les errements amoureux à la lueur des contes de fées qui ont bercé nos jeunes années. À se demander si l’on ne doit pas arrêter de lire Cendrillon à ses enfants séance tenante…
Autre belle surprise : À travers la Cerisaie. Une artiste russe traduit Tchekhov en théâtre d’objets et fait un parallèle avec sa propre vie en France.
L’actualité est également abordée : l’exil et les drames des migrants sont au cœur de deux créations, aux tons très différents. Beaucoup de pudeur pour Nous voilà!, que Rouges les Anges propose dès 4 ans, plus de noirceur pour L’Egaré de la Compagnie Créature.
Des spectacles sont même joués gratuitement dans des cafés toulousains, avec le festival Culture Bar-bars. « Nous allons à la rencontre de ceux qui ne viennent pas nous voir », sourit Chloé Lalanne. Sans oublier la Mario’Night#2, soirée anniversaire un brin déjantée, samedi 25 novembre, à l’Escale.
Toute une organisation rendue possible grâce à 60 bénévoles qui œuvrent dans l’ombre des castelets. D’ailleurs, des hébergeurs sont toujours recherchés pour loger des artistes…
Année après année, Marionnettissimo gagne son pari. « C’est un art qui prend ses marques. On le voit au niveau national, puisqu’on le retrouve de plus en plus dans les lieux de diffusion », assure Chloé Lalanne. Pour mémoire, l’an dernier, le festival avait enregistré 11 000 entrées.
Pratique
Du 21 au 26 novembre à Tournefeuille, Toulouse, Castelginest, Ramonville, Villeneuve-Tolosane et Saint-Affrique: www.marionnettissimo.com/
Réservation: 05 62 48 30 72, www.mairie-tournefeuille.fr et à la billetterie de l’Escale à Tournefeuille pendant le festival.
Le reste de l’année
« Nous ne sommes pas qu’un festival », rappelle Claire Bacquet, codirectrice de Marionnettissimo. Toute l’année, l’association mène des formations professionnelles et des actions culturelles, éducatives. « La marionnette permet beaucoup de choses, elle libère la parole », précise Chloé Lalanne, codirectrice.
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