Jusqu’au 15 septembre, le Festival des Intimités s’invite à Toulouse. Les artistes se glissent dans des lieux insolites pour mieux se rapprocher des spectateurs. Patrimoine et musique s’entremêlent le temps d’un concert.
Par Marine Mugnier
Un trompettiste les pieds dans un potager, des femmes poussant la voix au milieu d’objets d’art orientaux, de l’indie rock entre les murs d’une chapelle. Le mélange est détonnant, l’affiche intrigante. « Nous misons sur l’ouverture d’esprit du public », explique Mina Fourouhar, une des responsables du festival, avant de préciser : « L’idée est d’attirer les gens vers des musiques qu’ils n’ont pas l’habitude d’écouter ». Pour cela, l’équipe du Festival des Intimités a une stratégie : le temps de l’évènement, le patrimoine de Toulouse devient un moyen de sortir les amateurs de musique de leurs habitudes. Quand ils veulent en prendre plein les yeux en poussant, par exemple, la porte du Musée George Labit, de la péniche Saint-Louis, du Muséum d’Histoire naturelle, ils reviennent aussi les oreilles rassasiées.
Mais le festival ne mise pas tout sur l’attrait des spectateurs pour ces hauts lieux toulousains, c’est avant tout un moment de musique. « La programmation de cette année, c’est surtout des artistes qui nous tiennent à cœur », assure la responsable. Quand on lui demande plus de précisions, elle raconte que « clairement, Axel Bauer, c’est sympa mais ça ne nous fait pas vibrer. » L’idée est donc, pour cette troisième édition, de « vibrer » en privilégiant des artistes émouvants, certes moins connus, mais pas moins talentueux. Ce vendredi (29 juillet), par exemple, c’est le groupe Too Many Zooz qui sera en représentation dans les jardins du Muséum à Borderouge. Ce trio trompette, saxo et percussions vient jouer un mélange complexe de jazz, hip-hop, électro, techno et soul/funk. Les musiciens ont été repérés dans le métro new-yorkais, puis via YouTube. Pas des grosses têtes d’affiche donc mais avec plus d’un million de vues sur leur vidéo, ils sont loin d’être des anonymes.
Et le public semble répondre présent. Plus de 1500 personnes sont attendues cette année. Si le chiffre total paraît important, il faut préciser qu’il correspond à six concerts différents. C’était dans l’énoncé : le Festival des Intimités organise des concerts où le nombre de places pour les spectateurs est restreint, des “shows case” comme on dit dans le milieu. Parfois, seulement 100 personnes peuvent assister au concert. Pour donner un ordre d’idée, la salle du Bikini a, elle, une capacité d’accueil allant de 400 à 1500 personnes. Un peu moins intime donc. Et cela influencerait les représentations qui y sont données : « Dans ce type de salles, les artistes jouent les mêmes concerts qu’ailleurs », affirme Mina Fourouhar. Il n’est effectivement pas difficile d’imaginer que se produire dans un lieu chargé d’histoire, devant un public que l’on peut entièrement balayer du regard, ne laisse pas les artistes indifférents. De ce contexte naîtrait naturellement un moment singulier. C’est aussi une demande explicite des organisateurs : les musiciens du festival s’engagent à jouer un set particulier, inédit. Ils interprètent également leurs morceaux en acoustique. L’ambiance est donc épurée, la surenchère de la technologie proscrite. Comme à la maison, les vieilles pierres et le trompettiste en plus.
La rédaction
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