ZYGOMATIQUES. Il y a chez Franck Dubosc un ton et une mélodie qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Dans son dernier spectacle, Franck dévoile une partie de lui qu’il n’avait alors jusque là pas montrée au public. Une nouvelle facette, voire un registre comique différent, dans lequel il évoque avec humour et cynisme les petites choses de la vie et du quotidien qui l’agacent et prêtent à (sou)rire.
Ces petits riens que l’on vit tous et sur lesquels on peut poser un regard bienveillant, Franck Dubosc les énumère à sa façon pour mieux les démystifier avec humour. Si son premier spectacle étai celui de la surprise, le second celui de la confirmation tandis que le troisième dévoilait une partie plus intimiste du personnage, quelle est la valeur ajoutée du quatrième ? Comme Franck nous le concède lui-même : « je suis dans la continuité du troisième, mais je creuse encore un peu plus certaines choses, il y a toujours un dénominateur commun avec le spectacle précédent. Dans un sens on peut dire que c’est la suite. En mieux ? Peut-être, le public le dira».
Si Franck aborde tant les petits détails qui font notre quotidien, on a forcément envie de lui demander ce qui l’agace personnellement dans la société qui est aujourd’hui la nôtre : « Je trouve dommage qu’aujourd’hui nous soyons pessimistes. Nous n’avons pas perdu l’espoir, nous avons perdu l’envie d’avoir de l’espoir, c’est différent. Que ce soit dans la politique, le sport, la vie du pays, nous avons un manque cruel d’optimisme, nous ne sommes jamais contents. Et cela se ressent sur l’image que l’étranger a de nous, on dit toujours que nous sommes jaloux et aigris. C’est dommage ».
« Que ce soit dans la politique, le sport, la vie du pays, nous avons un manque cruel d’optimisme, nous ne sommes jamais contents. »
Malgré la tournée prolifique qu’il poursuit à l’aide de ce spectacle, l’artiste nous concède qu’il pense déjà au prochain et qu’il est déjà en cours d’écriture, ou du moins de réflexion, d’idées griffonnées ici et là. On se demande donc naturellement quels en seront la teneur et le contenu : « Je pense que je parlerai toujours forcément un peu d’amour, peut-être de sexe de façon un peu plus adulte sans tourner autour du pot, toutes proportions gardées bien sûr. Et puis le contexte sera peut-être plus général, sans forcément s’interdire d’aller plus loin ».
Sur scène depuis de nombreuses années, Franck Dubosc pourrait se contenter de donner à son public ce qu’il aime et ne jamais lui servir autre chose. On constate néanmoins que, même s’il reste dans la veine que son public demande, l’artiste a l’intelligence de ne pas verser dans le conformisme et la monotonie de son humour, en prenant des risques quant au contenu de ses spectacles, à l’image même des rôles qu’il interprète au cinéma.
LE + / À l’état sauvage est le quatrième spectacle de Franck Dubosc, après J’vous ai pas raconté ? (1999), Romantique (2004), et Il était une fois … Franck Dubosc (2008). Il est également depuis le 18 février aux côtés de Kad Mérad à l’affiche de Bis, la dernière comédie de Dominique Farrugia.
Brice Christen
Franck Dubosc, À l’état sauvage. Le Zénith de Toulouse, vendredi 27 mars à 20h30.
La rédaction
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