À 35 ans, ce pianiste toulousain mène une carrière florissante. Bertrand Chamayou a reçu, le mercredi 24 février dernier à la Halle aux Grains, le prix du meilleur soliste instrumental lors de la 23e édition des Victoires de la musique classique. Une reconnaissance flatteuse que le musicien a encore du mal à réaliser.
Ancrage. Bertrand Chamayou, né à Toulouse, commence à étudier le piano à l’âge de 7 ans, loin d’envisager une carrière musicale. « C’était un pur hasard, un hobby parmi d’autres. J’envisageais le piano comme un moment ludique, un terrain de jeu et d’expression qui me plaisait beaucoup » se remémore-t-il. Pourtant, très vite, il entre au Conservatoire de Toulouse où ses capacités sont repérées.
Carrière. À seulement 16 ans, le jeune pianiste se retrouve propulsé, seul, au Conservatoire de Paris. Là, commencent des études plus poussées. Bertrand Chamayou s’insère petit à petit dans ce milieu rude et se fait sa place. « Cela m’a donné un peu le vertige. Dans cette voie, on s’engage dans quelque chose de très ambitieux. Tout s’est fait progressivement sans que je réalise vraiment, c’était un enclenchement logique », précise-t-il.
Courage. Son ascension se poursuit jusqu’à ce qui aurait pu être pour lui une catastrophe. « Vers mes 26/27 ans, j’ai fait un burn-out. D’origine psychologique, cela s’est traduit mécaniquement et j’ai quasiment perdu l’usage de ma main droite pendant un an », explique le pianiste. Les concerts s’arrêtent brutalement. Place à la rééducation, qu’il considère aujourd’hui comme une « mue douloureuse », mais qui lui a permis « d’aller beaucoup plus loin ».
Tournant. Avec le recul, Bertrand Chamayou envisage cet épisode comme une possibilité de se restructurer, retrouver son propre univers musical et repartir sur de bonnes bases. « J’ai pris conscience de certaines choses et j’ai franchi une étape dans ma façon de jouer. Cela concorde avec une émergence plus forte au niveau international », analyse-t-il.
Philosophie. « Encore aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal à réaliser la notoriété que je peux avoir. Bien sûr, on a toujours besoin d’encouragements pour monter sur scène. Avoir l’estime de ses pairs est une des plus belles choses », souligne le musicien qui vient de recevoir le prix du meilleur soliste instrumental, son 4e prix aux Victoires de la musique classique. Et s’il ne sait pas où il en sera dans 10 ans, une chose est sûr il ne sera « pas le même ».
Myriam Balavoine
La rédaction
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