Le festival In Extremis revient une nouvelle fois poser ses valises au Théâtre Garonne. Pour cette 12e édition, les différents spectacles présentés viendront conforter une formule qui a déjà fait mouche : la proximité et l’échange entre les artistes et le public. Crédit photo : Claudia Pajewski, novembre 2007
« La surprise tient une grande place dans notre festival. C’est l’essence même du concept », explique Bénédicte Namont, directrice adjointe du Théâtre Garonne. Une idée qui se retrouve jusque dans le nom, ‘’In Extremis’’, rappelant que les spectacles sont choisis à la dernière minute. « C’est ce qui fait la spécificité. La programmation est mouvante jusqu’à la fin, et le public est lui-même étonné de ce qui va être annoncé », ajoute-t-elle. La forme joue également un rôle majeur.
« La programmation est mouvante jusqu’à la fin »
En plus des représentations scéniques, des lectures sont proposées un peu partout dans la ville. Des installations photos et vidéos ainsi que des ateliers seront ouverts à tous pour le faire participer activement. « Nous voulons mettre en avant un rapport pluriel aux œuvres, pas seulement frontal. Les gens peuvent ensuite échanger entre eux ou quelquefois directement avec les artistes », insiste Bénédicte Namont.
Pendant près de trois semaines, la scène du Théâtre Garonne mettra en lumière des spectacles qui risquent de piquer la curiosité du public toulousain. On pourra par exemple y découvrir le chorégraphe Pierre Rigal, dans “Suites absentes”, grimé en pianiste et déconcerté quand son instrument commence à jouer tout seul. Les deux artistes français Brice Dellsperger et Michel Aubry se sont, quant à eux, arrêtés sur le monde du septième art. À travers une exposition de courtes vidéos, ils installent un trouble singulier. Comme lorsqu’un acteur unique campe tous les rôles dans “Body Double”, ou devant les plans rigoureusement identiques du projet “Répliqûres”.
« Nous nous concertons entre organisateurs afin de choisir les spectacles. Toute l’équipe est soudée autour de la question de l’esthétique apportée. De plus, les artistes aiment venir, ou revenir, au festival. Le magnifique cadre de la scène en plein air, proche de la Garonne, plaît beaucoup », évoque Bénédicte Namont. Selon elle, la création de cette rencontre annuelle a aidé à « désenclaver » Toulouse culturellement. Autre point important, la volonté de « désembourgeoiser » ces types de représentations, où seuls ceux qui fréquentent les bancs des cours de théâtre ou de l’université sont enclins à venir.
Le fait de voir l’envers du décor permet ainsi de comprendre le processus de création à la base des œuvres proposées. Des discussions autour d’un plateau radio avec quelques auteurs participant au festival seront d’ailleurs mises en place le 22 mars et les 3 et 6 avril par Radio Radio (106.8 FM). Une volonté d’affirmer encore plus la relation entre le public et les auteurs.
Tom Pujalte, en partenariat avec l’Institut Supérieur de Journalisme de Toulouse
Du 19 mars au 6 avril 2019
Tarifs variables selon les spectacles
www.theatregaronne.com
Point culminant du festival, un métaspectacle s’est créé autour du film ‘’Le Désert rouge’’ du réalisateur italien Michelangelo Antonioni. Intitulée “Quasi Niente”, la représentation s’inspire largement de la première production en couleur du cinéaste. Directement en lien avec ce spectacle, la pièce “Scavi” (Fouilles) retrace le travail de recherche compilé dans les carnets d’Antonioni. Un concert du groupe WOW, dont plusieurs titres ont été utilisés pour la pièce, est également au programme.
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