Désaccords. La mairie de Toulouse vient d’annoncer qu’elle ne subventionnerait plus le Printemps du rire, pour nouer un nouveau partenariat avec les Chevaliers du Fiel et leur propre festival Les Fous rires de Toulouse. Si les seconds sont aux anges, les premiers font la grimace.
La rumeur commençait à enfler : la mairie de Toulouse avait l’intention de stopper les subventions allouées au Printemps du rire. C’est désormais officiel, puisque Francis Grass, adjoint à la culture de Toulouse, précise que sa collectivité « ne soutiendra qu’un seul festival du rire et ce sera celui des Fous rires de Toulouse. » Ce dernier, organisé par les Chevaliers du Fiel, donnera une dimension nationale à un événement toulousain du rire, volonté de la mairie. Et c’est bien ce que les humoristes toulousains veulent offrir : « nous aurons de belles têtes d’affiche et nous avons un contrat avec D8 pour la retransmission d’une soirée gala », précisent Eric Carrière et Francis Ginibre. Sur le fonds, aucun problème, l’association du Printemps du rire, par le biais de leur avocat « comprend le projet. Les deux festivals pourraient d’ailleurs être complémentaires », explique Maître Chebbani. En revanche, c’est sur le fond que le bât blesse : « L’édition du Printemps du rire 2016 est finalisée, toutes les salles sont réservées, les contrats des artistes signés et les supports de communication imprimés. Et c’est maintenant que la mairie choisit d’annoncer qu’elle se retire du projet ! » peste l’avocat. L’adjoint à la culture précise pourtant qu’il a proposé à plusieurs reprises à l’association du Printemps du rire de s’associer au projet, « mais ils ont décliné notre offre ! » Ce n’est pas la version défendue par Maître Chebbani : « nous avons envoyé un courrier au Capitole (lettre disponible sur le site internet du JT), en novembre dernier, mentionnant l’acceptation de l’association pour participer au nouveau format, prenant en charge les scènes dédiées aux jeunes artistes. » Autre point de divergence, la mairie avance pour argument de vouloir faire des économies : « nous subventionnions le Printemps du Rire à hauteur de 250 000 euros, or celui des Chevaliers du Fiel le serait pour moins de 125 000€ », déclare Francis Grass. « Ce qui est totalement faux » selon Maître Chebbani « la subvention allouée pour 2015 était de 162 000€ précisément. De plus, la mairie n’a versé que 57 600€, le complément étant effectué par le Casino Barrière dans le cadre d’une convention qu’il a signée avec le Capitole. » Pour l’avocat, il s’agit d’une inversion accusatoire : « La mairie sait qu’elle s’est retirée du projet trop tard et veut faire croire à de faux arguments. » De même, une convention existerait entre le Capitole et le Printemps du rire en matière de communication, les supports affichant le logo de la ville de Toulouse pour entériner leur partenariat. « Le ‘’bon à tirer’’ des affiches ayant été donné par le service communication de la mairie par un courrier datant du mois d’octobre », laissant entendre que la collectivité n’a pas clairement précisé qu’elle cesserait toute collaboration. À ce jour, « si l’édition 2016 n’est pas subventionnée, le préjudice économique sera conséquent et nous nous réservons le droit de porter l’affaire devant le Tribunal administratif », conclut Maître Chebbani. Affaire à suivre.
Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.
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