PISTAGE. Surfant sur la vague des objets connectés, la jeune pousse toulousaine vient de lever 700 000 euros. Une manne qui va lui permettre d’accélérer le développement de sa solution de traçage des biens et des actifs mobiles sur les sites industriels ou de grande distribution.
Des capteurs connectés qui permettent aux professionnels de suivre leurs biens et leurs actifs mobiles réutilisables, autrement dit les palettes ou containers. C’est la solution développée par ffly4u. Née il y a moins d’un an après avoir testé sa technologie auprès d’un acteur de la grande distribution à Lyon, la société toulousaine est désormais entrée dans sa phase de développement active. Elle vient d’ailleurs de boucler un tour de table de 700 000 euros auprès du fonds d’investissement régional semi-public Irdinov. «Avant de se déployer, il faut être connu dans son village et Irdinov dispose d’un fort ancrage local. Les équipes connaissent bien le monde des high-tech. Elles nous ont ouvert des portes», assure Olivier Pagès, le fondateur de la start-up. ve
Cet apport financier doit à la fois permettre à la jeune pousse de préparer sa montée en cadence et de doper sa prospection commerciale. En France et en Europe, mais également aux États-Unis où elle a noué des premiers contacts grâce à un autre acteur toulousain, Sigfox, dont elle utilise les réseaux bas débit pour transmettre les données de ses capteurs.
« Nous devons faire nos preuves, les objets connectés aussi »
Outre la conception de ces émetteurs, ffly4u a également développé la plateforme qui centralise toutes les données, un portail Web personnalisé qui permet aux clients de suivre leurs actifs marqués, ou encore un système d’alerte par mail ou SMS. Autant de besoins qu’Olivier Pagès a identifié au cours de sa carrière dans la logistique. S’il a débuté au sein du cabinet d’avocats de Jean-Louis Borloo, cet Ariégeois d’origine a en effet été le numéro 2 du loueur de palettes toulousain La Palette Rouge, puis a créé sa propre entreprise dans le même domaine d’activité, Pick and Go. «Afin de tracer nos palettes, nous avions expérimenté le RFID (les radio-étiquettes, que l’on retrouve par exemple dans certaines technologies sans contact, NDLR), mais cela nécessitait que le client installe des portiques de détection. C’était un investissement souvent trop lourd pour lui», relate-t-il.
Pour se débarrasser de cette contrainte, les marqueurs de ffly4u signalent leur position et les données environnantes deux à quatre fois par jour, de manière autonome. L’utilisateur paie ensuite un loyer de 1 à 2 euros par mois pour chaque actif tracé. Un concept qui va désormais devoir séduire. «Nous devons faire nos preuves, et cette technologie encore récente que sont les objets connectés aussi. En 2016, nous souhaitons ainsi multiplier les pilotes marqués afin que les clients puissent tester notre solution en vue d’un déploiement futur», annonce Olivier Pagès. La start-up, qui emploie cinq personnes et devrait étoffer ses effectifs, espère avoir installé plus de 50 000 capteurs d’ici 2017. Et le fondateur de conclure : «Ce suivi des actifs peut intéresser les industriels manufacturiers de tous domaines, les sites de construction, mais aussi la grande distribution, le monde pharmaceutique ou encore le milieu hospitalier.»
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