L’association Nous voulons des coquelicots, qui milite notamment pour l’interdiction totale de l’utilisation des pesticides, demande un moratoire sur les épandages en cours et alerte sur le rôle qu’ils jouent dans la propagation des virus. © barskfranck
C’est ce que le mouvement Nous voulons des coquelicots appelle « le mystère bien gardé des pesticides ». Les épandages d’herbicides, de fongicides et autres parasiticides projettent des nanoparticules qui pourraient transporter des agents pathogènes : « Ces éléments sont 1 000 fois plus petits que des particules fines. Ils voyagent dans l’air, véhiculés par le vent et les nuages, et peuvent très facilement entrer dans le système respiratoire des êtres humains. Selon de nombreuses études, ils servent de vecteur aux virus », indique la porte-parole de l’antenne toulousaine du collectif, qui préfère garder l’anonymat, suite aux actes de vandalisme visant l’association France nature environnement, en février dernier, perpétrés par des membres de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA). Elle cite notamment les résultats de recherches menées en Italie ou aux États-Unis, ainsi que l’appel publié par des scientifiques français, qui font le lien entre la concentration de particules fines et la propagation du coronavirus.
« Les informations sont là, depuis des années. Mais elles sont passées sous silence, étouffées par les puissants lobbies de l’industrie agrochimique, qui reste intouchable. Et les pouvoirs publics continuent de ne pas prendre en compte les dangers sanitaires qu’elle fait peser sur la population. C’est consternant et révoltant », peste la porte-parole du mouvement. Elle en veut pour preuve la dérogation accordée aux agriculteurs, le 30 mars dernier, sur la surface des zones de non-traitement de pesticides, réduite de 5 à seulement 3 mètres des habitations. Nous voulons des coquelicots réclame aujourd’hui un moratoire sur ces épandages et l’ouverture d’une enquête indépendante, menée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), sous contrôle parlementaire.
Un mal pour un bien, la période de confinement pourrait avoir réveillé quelques esprits : « Les gens ont eu le temps de se poser. De se demander pourquoi nous nous retrouvons avec une telle pandémie. Et de se rendre compte que les atteintes aux milieux naturels, comme la déforestation, nous font perdre tout contrôle sur notre environnement. » La porte-parole de Nous voulons des coquelicots se réjouit aussi de l’attrait des consommateurs pour les produits locaux et bio, que l’on constate ces dernières semaines. « Mais la prise de conscience demeure malheureusement très lente », conclut-elle.
La rédaction
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