Monter le chauffage et pousser la climatisation chez soi sont-ils des gestes qui appartiendront bientôt au passé ? Passifs ou bioclimatiques, nos habitats intègrent peu à peu l’urgente nécessité d’une sobriété énergétique. Ainsi, les futures normes environnementales RE 2020, qui régissent la construction des logements neufs, leur imposeront d’être à “énergie positive”. Soucieux d’apporter sa pierre à l’édifice, le JT est donc allé frapper à la porte de ceux qui bâtissent un monde et des maisons plus écolos.
© Exclusive Design – Adobe StockLe bâtiment est l’un des secteurs les plus énergivores. À lui seul, il représente 44 % de la consommation énergétique nationale. À l’heure où la France doit la diviser par trois dans les nouvelles constructions, conformément à ses engagements lors du Grenelle sur l’environnement, la marge de manœuvre est importante. En la matière, c’est vers les maisons individuelles que se tournent les regards, car elles constituent 56 % du secteur résidentiel selon la dernière enquête du Centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie (Ceren). Ainsi, une famille vivant dans une maison individuelle récente consomme en moyenne 21 000 kilowatts-heure par an. Un chiffre en baisse mais sur lequel il est encore possible d’agir comme le souligne l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Pour cela, il convient d’identifier les usages. D’après l’organisme, le chauffage et l’électricité spécifique (qui ne peut être assuré que par cette ressource) seraient les plus importants. Respectivement, 59 % de la consommation totale d’énergie est imputable au premier et 21 % au second.
« Un coût global moindre au final »
Pour juguler ces dépenses, de plus en plus de particuliers optent pour des constructions dites écologiques. Que leur principale motivation soit environnementale ou économique. « Si bâtir une maison “verte” coûte 20 % plus cher qu’un pavillon classique, la rentabilité est atteinte entre cinq et douze ans. Le budget consacré à l’énergie est alors divisé par deux, voire par trois », estime Juan Carlos Rojas Arias, maître de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture (Ensa) de Toulouse, même s’il avoue que l’évaluation est difficile tant les critères à prendre en compte sont nombreux. Pour ce spécialiste en architecture et en développement durable, « une telle bâtisse affiche un coût global moins important au final. Il s’agit d’une réflexion à long terme, mais qui trouve de plus en plus d’écho chez les futurs propriétaires », appuie-t-il.
Ce sont d’abord les maisons bioclimatiques qui ont fait leur apparition en 1973, avec les premières réglementations thermiques. « Il s’agit de concevoir les projets à partir des caractéristiques du lieu d’implantation : orientation, placement des ouvertures, ventilation, choix de matériaux… L’objectif est de profiter au mieux des apports naturels, sans faire appel à des dispositifs complexes », précise l’expert. Essentiellement pour chauffer le moins possible en hiver et éviter surchauffe en été.
La réflexion est poussée plus loin avec l’arrivée sur le marché des maisons passives, pour lesquelles les consommations d’énergie n’excèdent pas les 52 kilowatts-heure par an. « C’est trois fois moins qu’une villa conventionnelle. Cette performance est atteinte grâce aux procédés cités plus haut, auxquelles on ajoute des mécanismes de ventilation, des panneaux solaires thermiques, pour chauffer l’eau, ou photovoltaïques, pour générer de l’électricité », détaille Juan Carlos Rojas Arias. Jusqu’à ce que la technologie ait permis d’entrevoir, par le stockage en batteries, la maison à énergie positive, laquelle est capable d’en produire plus que n’en consomment les occupants.
Une dynamique qui contribue à limiter l’impact des maisons individuelles sur l’environnement. D’autant que les nouvelles réglementations RE 2020, qui seront publiées en milieu d’année, intégreront le bilan carbone des bâtiments.
Sources : Centre d’étude et de recherche économique sur l’énergie (Ceren) et Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).
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