La région Occitanie compte de nombreux ponts tous plus remarquables les uns que les autres. Elle abrite notamment l’un des rares ouvrages encore habités et le premier aqueduc navigable de France. Tour d’horizon des ponts les plus anciens d’Occitanie.
Le pont du Gard, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, est remarquable à bien des égards. Tout d’abord, l’ouvrage, qui a probablement été édifié au Ier siècle par les Romains au-dessus de la rivière Gardon, est l’un des plus anciens de France. Et pourtant, son état de conservation est plutôt excellent. Cet édifice, qui fait partie d’un aqueduc construit pour alimenter en eau sous pression la ville de Nîmes, est d’ailleurs le seul pont antique avec trois niveaux d’arcades encore debout aujourd’hui.
Toujours bien campé sur ses piles, il permet ainsi, des siècles après son édification, de se rendre compte de la technique des ingénieurs et des constructeurs de l’époque. Ce qui fait de lui un véritable témoin de la prouesse architecturale des Romains. En plus de tout cela, le pont du Gard est exceptionnel de par ses dimensions. D’une hauteur de 48,77 mètres, il est en effet le plus haut pont-aqueduc romain. Enfin, l’ouvrage, qui s’anime à la période estivale, est l’un des monuments français les plus visités.
Son origine remonte également à l’époque romaine. Le pont des Marchands, qui se trouve à Narbonne dans l’Aude, est l’un des rares ponts encore habités de France. Il a toutefois dû fermer partiellement au mois d’avril dernier. En cause : l’état de délabrement avancé de certains de ses bâtiments privés. Ce qui présentait un risque pour la sécurité des passants, des commerçants et des habitants, qui ont d’ailleurs été évacués. Mais le pont des Marchands a enfin rouvert à la circulation piétonne en décembre dernier.
Construit entre l’ancienne cité romaine de Narbo Martius, aujourd’hui la ville de Narbonne, et l’ancien bourg médiéval, l’ouvrage ne ressemble plus à ce qu’il était autrefois. En effet, une seule arche du pont est aujourd’hui visible juste au-dessus du canal de la Robine. Il en comptait pourtant six ou sept. Les autres sont effectivement cachés dans les bâtiments et servent notamment de caves aux maisons. Ces dernières, présentent depuis l’époque médiévale, ont ainsi transformé le pont en une rue.
Le Pont-vieux d’Albi, qui s’appelait à l’origine “le pont du Tarn”, du nom de la rivière qu’il franchit, est l’un des plus anciens ponts de France à être utilisé pour la circulation. Aujourd’hui élément patrimonial de la cité épiscopale, cet ouvrage, construit vers 1040, a largement contribué à l’expansion urbaine et commerciale de la cité épiscopale. D’une longueur de 151 mètres et doté de huit arches, il a effectivement permis le développement du quartier de la rive droite et la multiplication des échanges.
Pont à péage, il comportait, au Moyen Âge, une tour fortifiée, une chapelle et un pont-levis. Plus tard, des maisons ont été construites sur ses piliers. Le pont n’avait donc pas du tout la même allure qu’actuellement. Pour vous donner une idée de ce à quoi il ressemblait, il avait des airs du Ponte Vecchio de Florence, en Italie. Mais les maisons, endommagées lors d’une crue en 1766, ont été détruites. Puis, dans les années 1800, le pont, qui était en pierre, a été revêtu de briques et élargi pour s’adapter aux nouveaux transports.
Saviez-vous que tout le premier aqueduc navigable de France et le deuxième au monde est situé en Occitanie ? Il s’agit du pont-canal du Répudre, à cheval sur les communes de Paraza et de Ventenac-en-Minervois, dans l’Aude. C’est Pierre-Paul Riquet qui a décidé de le construire en 1676 pour faire passer le canal du Midi au-dessus du ruisseau de Répudre. Si le débit de ce dernier est normalement faible, il peut toutefois être touché par des crues importantes, car il regroupe plusieurs ruisseaux affluents.
Le pont-canal devait donc être suffisamment volumineux pour enjamber la petite rivière et également robuste pour résister aux crues. Donnant ainsi un ouvrage d’art de 90 mètres de long et constitué d’une unique arche. Des dimensions qui le font davantage ressembler à un pont plutôt qu’à un aqueduc. Il est d’ailleurs bien plus imposant que les deux autres ponts-canaux du canal du Midi qui ont été construits plus tard par Pierre-Paul Riquet, l’aqueduc de l’étang de Marseillette et de l’étang de Jouarres.
L’admirer depuis sa plage, passer en dessous en canoë ou au-dessus à pied. Le pont du Diable attire les visiteurs en nombre chaque été. Il faut dire que cet ouvrage, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, est un incontournable de l’Hérault pour les amateurs de farniente, mais aussi de patrimoine. Ce pont de 50 mètres de long, qui aurait été édifié en 873, est en effet l’un des plus vieux ponts médiévaux de France. Ce sont deux abbayes, situées de part et d’autre du département, qui ont décidé de le construire.
Mais non sans difficulté, d’après la légende. Effectivement, celle-ci raconte que, chaque nuit, le diable défaisait les travaux réalisés par les ouvriers dans la journée. Ces derniers passèrent alors un pacte avec Satan et lui proposèrent de prendre la première âme qui franchirait le pont, une fois celui-ci terminé. Ce qu’il accepta. Une fois l’ouvrage fini, il aurait alors été envoyé un chien ou un chat, selon les versions de la légende, sur le pont. Ce qui énerva le diable qui tenta de le détruire. Et n’y parvenant pas, se jeta dans le fleuve, d’où le nom de pont du diable.
Commentaires