La population d’ours dans les Pyrénées connaît une croissance continue, avec 96 individus recensés en 2024. Une coopération transfrontalière permet d’assurer leur suivi, bien que des défis subsistent, notamment en matière de diversité génétique.
L’Office Français de la Biodiversité (OFB), en collaboration avec ses homologues espagnols et andorrans, mène une observation détaillée de l’évolution des ours dans les Pyrénées. Les données récentes confirment une progression constante de leur nombre, signe d’un enracinement de l’espèce dans la région.
Présents sur une étendue de 7 200 km² allant des Pyrénées-Atlantiques aux Pyrénées-Orientales, en passant par l’Ariège, la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées, les ours évoluent de part et d’autre de la frontière franco-espagnole, impliquant une coopération étroite entre les différentes autorités. En France, l’OFB dirige le Réseau Ours Brun (ROB), une organisation associant professionnels et bénévoles, chargée de recueillir des indices sur la présence de l’animal afin d’assurer un suivi rigoureux.
En 2024, les recensements ont permis d’identifier un minimum de 96 ours sur l’ensemble du massif pyrénéen, dont 13 femelles ayant donné naissance à 22 oursons. Parmi ces individus, 46% ont été repérés exclusivement en France, 26% uniquement en Espagne ou en Andorre, et 28% ont été détectés des deux côtés de la frontière. Ce chiffre est une estimation minimale, tous les ours n’étant pas systématiquement observés chaque année. À l’aide de modèles statistiques élaborés en partenariat avec le CNRS, les experts estiment la population totale à 104 individus, avec une marge de crédibilité comprise entre 97 et 123.
Depuis près de trois décennies, les observations révèlent une augmentation moyenne annuelle de 11% entre 2006 et 2023. Cette progression témoigne du succès des initiatives de conservation mises en place pour préserver l’espèce.
Malgré ces résultats encourageants, la diversité génétique limitée de la population pourrait entraver cette dynamique sur le long terme. Afin d’anticiper ces défis, des études approfondies sont menées par le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), l’OFB et l’Université suédoise des sciences agricoles (SLU) afin d’analyser les impacts de la consanguinité sur l’évolution de l’espèce.
Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.
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