Terre de montagne, l’Ariège a été un choix privilégié pour la construction de nombreux châteaux-forts au fil des siècles ; en voici dix qui ont de grandes histoires à raconter.
À environ 450 mètres d’altitude, le château de Foix domine la ville. Ses premiers atours ont été construits il y a un millénaire. Durant les siècles suivants, à partir du XIIe siècle, les remparts et les tours ont été érigés tels qu’on les connaît aujourd’hui. Comme de nombreux monuments de la région, il a été au cœur des guerres de religions. Au XIIIe siècle, la construction a résisté aux assauts et à l’influence cathares pour demeurer un bastion catholique. Place militaire forte de la région, il a été la demeure des Comtes de Foix, le plus célèbre d’entre eux étant le roi de France Henri IV, qui a rattaché le comté au royaume à la fleur de lys.
Dans son histoire, le château de Roquefixade a connu de multiples propriétaires. Érigées sur un castrum du début du Moyen Âge, les premières fortifications ont été dressées au XIe siècle. Ensuite, durant les guerres de religions du XIIIe siècle, ce lieu, installé sur un pic rocheux stratégique, est devenu celui des comtes de Toulouse et de Foix lors de la croisade contre les Albigeois. Abîmé par les conflits, le château s’est mué en forteresse royale au XIVe siècle, sur la demande du roi de France, Philippe le Hardi. Il a connu de multiples usages, avant d’être démoli sous ordre de Louis XIII au XVIIe siècle. Cette opération a été réalisée par les villageois de Roquefixade, à leurs frais.
Au-dessus du pays d’Olmes, la forteresse de Montségur prend place sur les ruines d’un ancien castrum. C’est l’un des nombreux châteaux du Pays cathare, cristallisant les guerres de religion qui ont secoué la région au Moyen Âge. Refuge des hérétiques chrétiens, il a vu ces derniers être mis au bûcher par les catholiques en 1244, après qu’ils aient pris possession des lieux. Ainsi, plus de 200 Cathares y auraient été brûlés vifs, dont des femmes et des enfants. Suite à ce massacre, plusieurs fortifications, ainsi que le village qu’elles protégeaient, ont été rasés. De nouvelles murailles ont été érigées ou réhabilitées pour accueillir une garnison, alimentée en soldat pendant près de 400 ans.
Surnommé “le petit Versailles des Pyrénées”, le château de Lagarde est un vestige somptueux construit au XIe siècle. Initialement, le lieu était en la possession du roi d’Aragon Ramire Ier de Navarre qui, dans un premier temps, érige une simple tour de garde. Ensuite, des seigneurs d’Ile-de-France, la famille Lévis, y construit un château, au XIVe siècle, pour marquer sa victoire lors de la croisade des Albigeois. D’abord utilisé comme forteresse défensive, jusqu’au milieu du XVIe siècle, il est transformé en palais d’agrément pour les nobles franciliens un siècle plus tard. Au moment de la Révolution française, ses résidents décident de fuir en Italie. Le bâtiment est alors pillé et détruit par les révolutionnaires.
De cette bâtisse, il ne reste plus qu’un vestige de l’ancien donjon et quelques traces de la basse-cour. Situé à la frontière entre l’ancien comté de Foix et le pays de Sault, le château de Montaillou est un ancien fort cathare, aux XIIIe et XIVe siècle. Au XVe siècle, il est remis en état pour faire face aux guerres de religion entre protestants et catholiques, durant laquelle les hommes du village seront réquisitionnés. Cependant, la bâtisse n’arrivera pas à s’imposer comme un avant-poste du roi de France. Ainsi, Louis XIII exige son démantèlement en 1638.
Les premières traces de fortifications du château de Lordat remontent aux IXe et Xe siècle. Place-forte de la région par la suite, son existence a été aussi courte qu’intense. En l’espace de quatre siècles, il a changé de main à au moins quatre reprises. Tout d’abord, cette forteresse, liée au village de Lordat, a été cédée au Comte de Foix, par son homologue de Carcassonne, en 1034. Ensuite, le bâtiment a été occupé par les Cathares durant la croisade contre les Albigeois, au milieu du XIIIe siècle. Quelques décennies plus tard, le roi d’Aragon prend possession des fortifications, avant de demander leur destruction. Finalement, la bâtisse est tombée en ruine au fil des siècles.
Cette forteresse avait pour but d’assurer la sécurité du Comté de Foix au Moyen Âge. Si le lieu-dit et la paroisse locale existaient déjà au Xe siècle, les premières pierres du château de Miglos ont sûrement été posées au début du XIIe siècle. À ce moment-là, cette structure faisait partie du système défensif de toute la région, avec d’autres édifices du genre et les fortifications de grottes dans les montagnes. Elles devaient aider le comte local à prouver son allégeance à l’Église face aux Cathares. Cependant, le seigneur en question aurait failli à sa tâche et aurait accueilli des hérétiques, en plus de livrer des armes à certains ennemis. Environ 150 ans après sa construction, le château a alors été abandonné.
Cette forteresse n’a pas, non plus, fait long feu. Tout comme celui de Miglos, le château de Montréal-de-Sos était un édifice créé pour défendre le territoire des Comtes de Foix au Moyen Âge. Construit à la fin du XIIe siècle, il permettait d’appuyer la domination militaire des nobles Ariégeois, mais aussi de l’exploitation des mines de fer de la région. Moins de 300 ans après sa construction, ses propriétaires ont décidé de désarmer le bâtiment et de le détruire quasi-totalement. Aujourd’hui, seules quelques ruines subsistent à 881 mètres d’altitude, au sommet d’un éperon rocheux.
C’est l’une des forteresses du Pays cathares. Construit au XIe siècle, le château d’Usson participe activement à la guerre de religion contre les catholiques. Ainsi, le seigneur d’Usson protégeait ceux qui étaient jugés hérétiques. En 1244, lors du siège de Montségur, ses soldats se sont déplacés pour tenter de venir en aide aux Cathares acculés. Après la défaite, le propriétaire des lieux a été condamné au bûcher. Sur ordre de Richelieu, la forteresse a été abandonnée en 1638. Néanmoins, au début du XVIIIe siècle, le château est entièrement restauré et de nouvelles tours sont construites par le marquis de Bonnac, avant qu’il ne soit définitivement mis en ruine lors de la Révolution française.
Construit avant le XIIIe siècle, le château de Querigut affiche une histoire à rebondissements. Cédé au Comte de Foix par le Roi d’Aragon en 1208, il a été au cœur des conflits de l’Ariège pendant plusieurs siècles. Érigé pour asseoir l’autorité des entités politiques locales, il a été profondément impacté par de nombreux sièges espagnols entre le XVe siècle et le XVIIe siècle. Brûlé en 1589, il est reconstruit dans la foulée, avant d’être de nouveau brûlé en 1676. En 1709, Louis XIV veut y installer une garnison et reconstruire le lieu, mais il est déclaré irréparable l’année suivante après avoir connu plusieurs siècles d’assauts à répétition.
Commentaires