Avez-vous déjà remarqué les étranges écussons qui ornent la façade de la gare Toulouse Matabiau ? Au total, 26 armoiries décorent l’édifice. Mais savez-vous exactement ce qu’ils signifient ? Le Journal Toulousain vous livre l’explication.
La gare de Toulouse Matabiau surprend plus d’un voyageur avec sa sublime architecture au style néoclassique. Son histoire remonte à l’arrivée des chemins de fer dans la ville en 1856. Une première gare est d’abord construite, avant d’être agrandie en 1906, sous la forme que nous connaissons aujourd’hui. Malgré les différents travaux de rénovation de la façade, de nombreux éléments architecturaux d’époque ont été conservés. Nous les devons d’ailleurs à l’architecte Marius Toudoire. Ce dernier est notamment connu pour avoir conçu la gare de Lyon à Paris et la gare Saint-Jean à Bordeaux.
Si vous vous arrêtez un instant pour admirer son travail, vous pourrez alors remarquer que sur la façade de la gare de Toulouse Matabiau, l’architecte y a fait installer 26 écussons, répartis tout le long de l’édifice. Certains Toulousains passent devant tous les jours et pour autant, ils n’ont peut-être jamais remarqué ces légers détails qui ornent ce bâtiment emblématique de la Ville rose.
En y regardant de plus près, il s’agit des écussons de 26 villes : Tarbes, Bédarieux, Bayonne, Montauban, Saint-Girons et Mont-de-Marsan sur l’aile gauche. Puis Auch, Pau, Bordeaux, Toulouse, Lodève, Albi, Carcassonne, Béziers, Sète et Perpignan sur la façade principale. Et enfin, sur l’aile droite, les écussons de Montpellier, Rodez, Castelnaudary, Narbonne, Mende et Foix.
Selon les informations de la SNCF, confirmées par les archives municipales de Toulouse, ces blasons représentent les principales villes qui étaient autrefois desservies par la Compagnie des chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne. C’est donc une sorte d’hommage que l’architecte Marius Toudoire a souhaité rendre à la société de transport, fondée en 1852. Cette dernière desservait le Sud-Ouest de la France. Son réseau s’étendait de la Garonne aux Pyrénées et permettait de relier des grandes villes de la région, notamment Bordeaux, Toulouse, Sète, Perpignan, Narbonne et Bayonne.
Créée par les frères Pereire, la compagnie avait pour objectif de contrôler le transport entre l’Atlantique et la Méditerranée. Elle a d’abord commencé à se développer en obtenant la concession de la ligne reliant Bordeaux à Sète, avant d’ouvrir progressivement la ligne entre Bordeaux et Langon en 1855, puis entre Langon et Tonneins et ainsi de suite, jusqu’à la liaison complète Bordeaux-Sète en 1857. Puis, de nouvelles lignes sont ajoutées, comme celle de Bordeaux à Bayonne en 1854, ou encore celle de Narbonne à Perpignan en 1858. Le réseau s’est ensuite élargi pour relier Toulouse à Bayonne entre 1861 et 1867. À partir de 1934, la Compagnie du Midi dispose ainsi d’un réseau total de 4 300 kilomètres, dont une partie est électrique. En effet, la société a été pionnière dans l’électrification de ses lignes.
Seulement, quatre ans plus tard, elle est intégrée à la Société Nationale des Chemins de fer Français (SNCF) qui vient d’être créée, nationalisant ainsi les actifs de la compagnie. Cette nationalisation avait pour objectif de rationaliser et moderniser le système ferroviaire national, en centralisant la gestion et en unifiant les différentes compagnies. Mais celle du Midi n’y a pas survécu. En effet, elle disparaît en 1988, laissant la place à la SNCF.
Ainsi, à travers l’ouvrage de Marius Toudoire et ses 26 écussons, Toulouse se souvient de la Compagnie du Midi, l’une des plus grandes sociétés privées de chemin de fer françaises.
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