Alors que la Ville de Toulouse s’apprête à vendre le bâtiment dans lequel la LDH a ses locaux, l’adjoint au maire Pierre Esplugas-Labatut a fait une proposition étonnante pour le relogement de l’association.
Après l’hébergement de la CGT à la Bourse du Travail, c’est au tour de celui de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) à Toulouse de faire polémique. Au mois de juillet prochain, l’association de défense des droits de l’Homme risque d’être délogée. La Ville a effectivement décidé de mettre en vente l’immeuble situé au 2 rue Saint Jean qui renferme des locaux municipaux « vétustes et inadaptés », a précisé l’adjoint au maire de Toulouse Pierre Esplugas-Labatut, lors du dernier conseil municipal, pour justifier cette transaction. C’est justement dans l’un d’eux que se trouve la LDH. L’association, qui a été avertie de cette vente par la Municipalité en octobre 2023, a depuis « effectué toutes les démarches demandées par la Mairie pour son relogement ».
« Elle a régulièrement tenu informé le maire de Toulouse et sollicité son soutien. Ce dernier s’est jusqu’ici refusé à lui présenter une proposition de relogement et renvoie régulièrement la LDH à la recherche de locaux dans le secteur privé », dénonce une pétition lancée en soutien à la LDH au mois de mars dernier par 141 personnalités de la société civile toulousaine, dont des avocats, professeurs, artistes ou encore responsables associatifs. Face à ces propos, Pierre Esplugas-Labatut s’interroge : « Au nom de quoi la Ligue des droits de l’Homme serait exonérée de rechercher des locaux dans le privé ? D’autant que cette association ne manque pas de moyens ». Les créateurs de la pétition ne sont pas de cet avis. Selon eux, la LDH « n’est pas en mesure de financer la location d’un local indispensable à son activité » car elle ne dispose « d’aucune ressource en dehors des cotisations de ses membres et de maigres subventions », indique la pétition qui compte un peu plus de 2 500 signatures à l’heure où sont écrites ces lignes.
Ce qui fait dire à Antoine Maurice, président du groupe d’opposition Toulouse écologiste, solidaire et citoyenne (TESC), que « cette association historique est expulsée sans solution alternative ». « Plutôt que de soutenir cette association d’intérêt général, la Mairie préfère vendre le bâtiment et la renvoyer vers le marché privé. Une attaque directe contre ceux qui veillent au respect des droits fondamentaux ! » s’exclame TESC sur ses réseaux sociaux après avoir déploré « qu’une association d’intérêt général soit invitée à se débrouiller seule au mépris de son rôle local essentiel pour la démocratie ».
La Mairie qui, selon Pierre Esplugas-Labatut passe pour « la méchante parce qu’elle n’accorde pas de locaux à l’association », a bien proposé une solution à la Ligue des droits de l’Homme en février dernier : « La mise à disposition ponctuelle et sur réservation d’un bureau ou d’une salle à la Maison des associations ». Mais celle-ci ne lui convient pas. « Cette proposition ne répond en aucun cas aux activités et aux besoins de la LDH », précise la pétition. Si Pierre Esplugas-Labatut concède le fait que les locaux proposés à l’association sont « mutualisés et à partager », il souligne que « cela n’a rien d’un habitat indigne » et rappelle « qu’il n’y a pas de passe-droit à être logé ».
Mais pour les créateurs de la pétition, « il est inconcevable qu’une ville comme Toulouse ne soit pas en mesure de mettre à disposition 20 à 30 m2 de locaux nécessaires aux activités de défense des droits et des libertés de la LDH, une contribution essentielle à la vitalité de la démocratie française ». Ils demandent donc « de poursuivre la mise à disposition de locaux permanents » à l’association. De son côté, l’adjoint au maire propose plutôt que chacun des créateurs de la pétition « donne 30 € » à la Ligue des droits de l’Homme à Toulouse. « Ce qui lui permettra de payer un local de 30 m2 à 5 000 € », conclut Pierre Esplugas-Labatut.
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