Les tensions ont été vives lors du dernier conseil municipal de Toulouse ; l’opposition a accusé Jean-Luc Moudenc de flirter avec l’extrême droite et la majorité a dénoncé « les dérives antisémites » des élus LFI.
À mesure que les élections municipales de 2026 approchent, les débats sont de plus en plus virulents à Toulouse. Les élus de la majorité et de l’opposition se sont effectivement invectivés lors des propos liminaires du conseil municipal de ce jeudi 27 mars. Les uns accusant les autres de « complaisance avec des groupes d’extrême droite » et les autres dénonçant les « dérives antisémites » des uns. Antoine Maurice, président du groupe d’opposition Toulouse écologiste, solidaire et citoyenne (TESC), a ainsi débuté en évoquant les « dérives populistes » de Jean-Luc Moudenc. Agathe Roby, co-présidente du groupe Alternative municipaliste citoyenne (AMC), a continué en relevant « la politique anti démocratique » du maire qui « expulse les associations ou leur supprime des subventions » qui « pourraient exprimer la moindre critique » à l’encontre de la majorité. Et ce, selon elle, « sans doute dans l’optique de rafler des voix à l’extrême droite qui vous menace ».
Pour appuyer ses propos, Agathe Roby évoque « la complaisance face aux groupes d’extrême droite, comme Nemesis, que vous aidez à tenir une réunion, ou l’UNI [se définissant comme « seul mouvement qui rassemble les étudiants défendant les valeurs de la droite dans l’enseignement supérieur », NDLR] que vous accueillez régulièrement dans nos lieux ». Nemesis, collectif et groupe d’action d’extrême droite identitaire se réclamant du féminisme, avait effectivement tenu une conférence à Toulouse en janvier dernier. Jean-Luc Moudenc avait pourtant pris un arrêté d’interdiction. La question se pose alors : Comment ce collectif d’extrême droite a pu tenir une conférence dans une salle municipale ? « Le collectif Palestine vaincra, lui, n’a plus accès aux salles municipales », dénonce Agathe Roby. L’élue d’opposition considère que le maire de Toulouse fait ainsi « le choix d’un glissement dangereux à l’heure où le fascisme s’installe partout ».
Après avoir déploré « la violence et l’outrance des propos » de l’opposition, Pierre Esplugas-Labatut, adjoint au maire de Toulouse, a, de son côté, pointé du doigt « les dérives antisémites » de La France insoumise. Il fait ainsi allusion à « la caricature de Cyril Hanouna sur une affiche appelant à se mobiliser pour la manifestation [contre l’extrême droite, NDLR] et rappelant les caricatures de juifs utilisées par le parti nazi dans les années 1930. Ni monsieur Mélenchon, ni LFI ne s’en sont excusés clairement. Ils s’en sont d’autant moins excusés qu’une autre caricature reprenant les mêmes codes et mettant en scène, cette fois-ci, le patron du Parti communiste, Fabien Roussel, a été réalisée ». Face à cela, Pierre Esplugas-Labatut a alors appelé les élus communistes, mais également ceux du Parti socialiste, à « se désolidariser de leurs collègues insoumis ayant appelé à participer à cette manifestation ».
Ces derniers avaient, eux, proposé au maire de Toulouse, par la voix du socialiste Vincent Gibert, « d’impulser une grande conférence nationale contre l’antisémitisme, en saisissant des présidents d’autres institutions ». Et ce, en réponse « aux discriminations qui explosent, à la haine qui se libère et aux actes qui amènent le pire ». « Cette conférence n’aura pas vocation à dialoguer, commémorer ou se recueillir, mais pour essayer d’agir. Nous avons une responsabilité importante. Nous devons trouver les moyens de mieux protéger nos citoyens, mais aussi de faire bouger les consciences. Notre pays en a plus que jamais besoin », a conclu Vincent Gibert qui demandait : « Nos mots ne doivent pas nourrir les mécanismes du pire qui sont à l’œuvre ».
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