Implantée dans le quartier Saint-Cyprien à Toulouse, la friperie associative les Fripouilles a permis la vente en seconde main de plus de 5,5 tonnes de vêtements de maternité et d’enfants en 2022. Depuis quatre ans maintenant, elle répond aux besoins écologiques et économiques des familles soucieuses de leur impact environnemental, comme de leur porte-monnaie.
« Nos ventes ont presque doublé par rapport à l’année précédente », se réjouit Aurélie Bijon, fondatrice de la friperie associative Les Fripouilles à Toulouse : la boutique, installée dans le quartier Saint-Cyprien depuis plus de quatre ans, a permis la revente en seconde main de plus de 5,5 tonnes de vêtements de grossesse, de bébés et d’enfants durant l’année 2022. Ceci représente plus de 51 000 articles textiles revalorisés. « Nous réceptionnons chaque mois l’équivalent d’une centaine de sacs de dons, qui contiennent chacun 50 articles en moyenne », précise la directrice de l’association. Au total, plus de 150 000 tonnes de CO2 ont ainsi été économisées en évitant la production et le transport de ces vêtements selon les calculs de l’association.
L’association Les Fripouilles a été créée en février 2019. « À ce moment-là, je cherchais des vêtements d’occasion pour mes enfants dans les boutiques de mon quartier, à Patte d’Oie, et plus largement à Toulouse. Mais je me suis rendu compte que l’offre des friperies existantes n’était pas suffisante pour les plus petits. En effet, dans les enseignes de seconde main, les rayons enfants se limitent à un ou deux portants, pas plus », souligne Aurélie Bijon. Elle décide alors de s’associer à une amie, Marlène Colas, pour créer une structure proposant des articles d’occasion dédiés aux enfants, de la naissance à l’âge de 14 ans.
« Durant leur première année de vie, les bébés changent jusqu’à six fois de taille. Puis, jusqu’à leurs 14 ans, jusqu’à seize fois. Autant dire que cela représente énormément d’habits à acheter, alors que les enfants ne les portent que quelques années, voire quelques mois seulement… », constate la fondatrice des Fripouilles.
L’association s’installe dans un premier local de la rue Varsovie, entre les quartiers Saint-Cyprien et Patte d’Oie. « Le concept a tellement plu que deux ans plus tard, nous avons déménagé dans un espace plus grand, quelques rues plus loin, place du Ravelin », poursuit-elle.
Plus encore que de proposer des vêtements pour les petits, la friperie associative met en vente un tas d’autres articles liés à la parentalité et à l’enfance. Par exemple des vêtements de grossesse, d’allaitement, ou des articles de puériculture comme des lits bébés, des poussettes, des chaises hautes, etc. « Nous sommes partenaires de la ressourcerie toulousaine la Glanerie depuis un an. Les bénévoles de cette association s’occupent de récupérer des articles de puériculture et des jouets en bon état auprès des déchèteries. Puis, nous les nettoyons et les proposons à nouveau à la vente », détaille Aurélie Bijon. L’année dernière, ce cercle vertueux a permis la réutilisation de plus de trois tonnes d’objets de ce type. « Il arrive souvent que des clients achètent des articles de puériculture, puis nous les ramènent quelques mois plus tard lorsqu’ils n’en ont plus besoin. Ou que des grands-parents s’équipent pour garder leurs petits-enfants pendant les vacances, et nous rapportent leurs achats par la suite », sourit Aurélie Bijon.
« Tout ce que nous proposons à la vente nous a été donné », résume la fondatrice de l’association. Concrètement, les habitants apportent des sacs remplis de vêtements et autres articles. Puis, les bénévoles des Fripouilles – une soixantaine en 2022 – s’occupent de les trier et de les étiqueter dans l’arrière-boutique, avant de les remettre en rayon. À noter que les vêtements ne sont pas lavés.
Grâce au système de dons, les articles sont ensuite revendus à petits prix. Comptez 1€ pour un body à manches courtes, 3€ pour un pantalon ou un pull. Selon Aurélie Bijon, le panier moyen de ses clients s’élève à une quinzaine d’euros. « Nous accueillons autant de familles précaires que de clients qui ont plus de moyens, mais souhaitent consommer de manière raisonnée », note-t-elle.
Aujourd’hui, l’association compte plus de 700 adhérents. Grâce à une cotisation de cinq euros par an, ces membres bénéficient de 5% de réduction à chaque passage en caisse. Les recettes réalisées par la friperie servent à rémunérer ses trois salariés, mais aussi à payer le loyer et les équipements, eux aussi achetés d’occasion.
« Nous avons un espace dans la friperie où tous les vêtements et articles de puériculture sont gratuits », rapporte Aurélie Bijon. Ces derniers sont en bon état, donc réutilisables, mais possèdent de petits défauts, comme une pièce fatiguée ou une tâche discrète. « Même s’ils sont endommagés, ils peuvent encore servir et ne méritent pas d’être jetés à la poubelle. Notre objectif est aussi de promouvoir un mode de consommation circulaire et responsable », affirme-t-elle. Ces articles sont également proposés au don sur l’application “Geev“. Le principe est simple : après avoir réservé des produits sur la plateforme, les utilisateurs n’ont plus qu’à venir les chercher aux Fripouilles », termine la directrice de l’association.
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