Suite à la polémique autour des galettes des Rois distribuées dans les écoles de Toulouse, et fourrées avec des fèves à caractère religieux, une élue municipale a été harcelée et menacée de mort. Suite à son dépôt de plainte, elle a demandé une protection fonctionnelle, qui lui a été refusée, « pour des raisons fallacieuses » selon elle.
Le 10 janvier dernier, l’élue d’opposition Agathe Roby dénonçait sur les réseaux sociaux le caractère religieux des fèves qui avaient été glissées dans les galettes des Rois distribuées aux enfants des écoles publiques de la Ville rose. Elle expliquait alors : « La Mairie de Toulouse contrevient au principe de laïcité de l’école publique en agissant ainsi, elle doit s’en excuser ! » Pour réponse, Jean-Jacques Bolzan, adjoint en charge de la Cuisine centrale avait riposté : « La cuisine centrale vient de changer de fournisseur pour une galette fraîche & locale. Pas possible de changer de fève pour la commande. Votre polémique dérisoire et étriquée ne fait qu’amplifier votre silence face à la seule menace réelle contre la laïcité aujourd’hui : l’islamisme. »
La polémique aurait pu en rester là mais, réseaux sociaux oblige, elle a eu vite fait de se transformer en campagne de harcèlement : « J’ai reçu des tas de messages insultants, même effrayants, sous couvert d’anonymat ! » La jeune femme confie même recevoir des messages sur son téléphone : « Je ne sais pas comment ils se sont procurés mon numéro… » Et pire, un courrier directement dans sa boîte aux lettres, à son domicile, qui fait état de graves intimidations : « Je parle de menaces de viols et de mort ! » pour lesquelles Agathe Roby a porté plainte et demandé une protection fonctionnelle.
https://twitter.com/RobyAgathe/status/1878406006729801748
Une protection fonctionnelle qui lui a été refusée par Jean-Luc Moudenc, comme la rédaction du Journal Toulousain a pu le vérifier, « malgré la gravité de la situation, la laissant ainsi sans soutien face à ces actes d’intimidation inacceptables. Cette situation révèle que la sécurité de l’ensemble des élus municipaux n’est pas assurée de manière équitable », s’émeuvent les élus du groupe Alternative pour une Métropole Citoyenne (AMC) dans lequel elle est inscrite. Car si la loi prévoit l’octroi systématique de cet avantage juridique aux maires, adjoints et conseillers ayant reçu délégation, elle ne fait pas mention des autres. « Un vide juridique qui a permis à Jean-Luc Moudenc de ne pas me le concéder », estime Agathe Roby, qui ne sait pas si elle pourra aller au bout de sa procédure judiciaire, « au vu des coûts que cela représente ».
Au-delà de la seule dénonciation de ce que les conseillers municipaux AMC considèrent être « une inégalité de traitement entre les élus, mettant en péril l’exercice de la démocratie locale », le groupe d’opposition déposera, lors du Conseil municipal de ce jeudi 27 mars, un vœu demandant au maire « de reconsidérer sa décision concernant la demande de protection fonctionnelle d’Agathe Roby, et à accorder cette protection à tout élu victime de menaces ou d’agressions dans l’exercice de ses fonctions, sans discrimination ». Dans la foulée, ils demandent « au législateur de clarifier le cadre légal de la protection fonctionnelle des élus afin de garantir son application explicite à l’ensemble des élus municipaux, y compris ceux sans délégation et les élus d’opposition ».
Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.
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