Des chercheurs toulousains ont réussi à cultiver des organoïdes de trompes de Fallope humaines en laboratoire. Ces mini-organes pourraient améliorer les techniques de procréation médicalement assistée (PMA) et aider à mieux comprendre certaines causes d’infertilité, un enjeu de santé publique majeur.
Voici une avancée prometteuse pour la procréation médicalement assistée (PMA). Des chercheurs de l’Université de Toulouse, du CHU de Toulouse et de l’Inserm ont réussi à cultiver en laboratoire des organoïdes de trompes de Fallope humaines. Ces mini-organes développés in vitro pourraient aussi permettre de mieux comprendre l’infertilité.
L’infertilité concerne aujourd’hui un couple sur cinq en France, et les techniques de PMA ne donnent pas toujours les résultats espérés. Partant de ce constat, des scientifiques toulousains ont reproduit en laboratoire des organoïdes de trompes de Fallope à partir de tissus de patientes ayant subi une ablation contraceptive. Ces mini-organes, qui imitent les fonctions de l’organe réel, ouvrent de nouvelles perspectives.
« Rapidement, les cellules isolées des trompes ont formé des organoïdes. Par rapport à d’autres expériences du même type, nos organoïdes étaient différents puisqu’ils avaient des caractéristiques morphologiques plus avancées et des dimensions exceptionnelles », explique Guillaume Perez, chercheur à l’Université de Toulouse et co-auteur de l’étude. « Ils étaient également tout à fait aptes à ce pour quoi ils ont été conçus : accueillir des spermatozoïdes humains. »
L’un des constats majeurs de cette expérience est que ces organoïdes permettent une meilleure mobilité des spermatozoïdes par rapport aux milieux de culture actuellement utilisés en PMA. Des résultats sources d’espoir pour de nombreux couples.
« C’est par ailleurs la première fois que des organoïdes montrent une potentielle application clinique directe en médecine de la reproduction », selon l’étude publiée dans la revue Human Reproduction. « Les scientifiques vont désormais pouvoir étudier plus précisément les interactions entre les trompes de Fallope et les spermatozoïdes, les ovocytes ou les embryons, et ainsi mieux comprendre certaines infertilités. »
Bryan Faham
Bryan Faham écrit pour le Journal Toulousain depuis 2021. Formé à l’ISJT, il est passé par le France-Guyane, 20 minutes, La Tribune et Freshr.
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