La MRAe émet un avis critique sur le projet de golf du domaine de Lavagnac à Montagnac, soulignant des lacunes dans l’étude d’impact.
La Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) a rendu, le 17 octobre 2024, un avis concernant le projet d’aménagement d’un golf de 18 trous sur le domaine de Lavagnac, à Montagnac, dans l’Hérault. L’organisme y pointe les limites de l’étude d’impact de ce projet, qui vise à transformer le domaine en un complexe de luxe.
« Pour tous les projets soumis à évaluation environnementale, une autorité environnementale désignée par la réglementation doit donner son avis », explique la MRAe en préambule. « Cet avis ne porte pas sur l’opportunité du projet, mais sur la qualité de l’étude d’impact et la prise en compte de l’environnement dans le projet. Il n’est donc ni favorable, ni défavorable. » L’objectif est plutôt d’améliorer le projet.
Le domaine de Lavagnac, s’étend sur un territoire de 192 hectares comprenant des zones boisées et des zones agricoles. Il abrite en outre un château classé au titre des monuments historiques. Le projet prévoit sa réhabilitation en résidence hôtelière avec centre de bien-être, un restaurant gastronomique et une salle de conférence. Le lieu accueillera aussi un complexe immobilier et un golf 18 trous.
Dans son avis, la MRAe considère que « la préservation de la ressource en eaux est l’enjeu majeur de ce dossier », étant donné les besoins importants en eau pour l’irrigation du golf. Le projet au domaine de Lavagnacprévoit l’utilisation d’eaux pluviales et d’eaux usées traitées pour l’arrosage des terrains. Mais la MRAe estime que les documents fournis manquent de clarté quant aux circuits d’utilisation des eaux. Cette incertitude, ajoutée à l’absence de détails sur les moyens de stockage des eaux, suscite des réserves sur la durabilité du projet dans un contexte de changement climatique.
L’étude d’impact du projet au domaine de Lavagnac « ne peut être considérée comme formellement complète », souligne la MRAe. « Elle présente plusieurs lacunes (incohérences, manquements…) qui nuisent à sa qualité générale et ne permettent pas de proposer, en l’état, une évaluation environnementale pertinente du projet d’aménagement. »
En particulier, l’analyse ne détaille ni les effets cumulés du projet avec d’autres aménagements existants, ni la vulnérabilité du projet face aux aléas climatiques. « La MRAe recommande de compléter et de reprendre la présentation du projet dans l’étude d’impact en fournissant une description précise du projet, en phase chantier et en phase exploitation », écrit l’organisme. « Elle recommande en outre de s’assurer de la cohérence des informations présentées entre les différents chapitres du dossier. »
Bryan Faham
Bryan Faham écrit pour le Journal Toulousain depuis 2021. Formé à l’ISJT, il est passé par le France-Guyane, 20 minutes, La Tribune et Freshr.
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