L’Institut supérieur des arts et du design de Toulouse (Isdat) se prépare à une baisse de financements de la Mairie, de la Métropole et du ministère de la Culture. Ce qui devrait notamment entraîner des suppressions de postes et une hausse des frais d’inscription.
La crise dans laquelle se trouve l’Institut supérieur des arts et du design de Toulouse (Isdat) depuis 2022 semble s’aggraver. Le conseil d’administration organisé ce vendredi 4 avril 2025 a entériné un budget prévoyant une baisse de plusieurs financements : -10% de la municipalité toulousaine (environ 650 000 euros), -2,5% du ministère de la Culture (35 000 euros) et -10% de la Métropole (80 000 euros). C’est une conséquence directe du contexte d’austérité que traverse le pays.
Les coupes dans le budget de l’Isdat, installé sur le quai de la Dourade, devraient notamment se traduire par une hausse des frais d’inscriptions, mais aussi par le non-remplacement de trois enseignants qui partiront à la retraite. D’autres personnels devraient voir leur volume horaire de travail diminuer. « Ce qui engendrera des dysfonctionnements, car ça ne concerne pas que la pédagogie, mais également l’administration », prévient Jérôme Dupeyrat, professeur de l’histoire de l’art et délégué syndical.
« Derrière, ce sont les études qui sont impactées », alerte l’enseignant. Au mois de mai, l’équipe pédagogique devra commencer à préparer la rentrée et à définir les emplois du temps de l’année 2025-2026. « Nous allons devoir le faire sans connaître la constitution des équipes », déplore-t-il. Le personnel et les plus de 800 étudiants de l’établissement, qui rassemble l’École supérieure des Beaux-Arts et le centre d’études supérieures de musique et danse, peuvent donc s’attendre à voir les difficultés qu’ils connaissent déjà être accentuées.
Les difficultés financières impactent déjà le contenu proposé aux étudiants. Ils témoignent de voyages de socialisation et de conférences annulés, ou encore la réduction du volume horaire des ateliers de travail. « Ce sont des choses très importantes pour l’ouverture sur l’extérieur », souligne un élève. « Le seul workshop que nous avons eu a été payé par une organisation extérieure à l’école. »
« Il n’y a plus de cours de dessin et de couleurs en première année car l’enseignant n’a pas été remplacé. Pareil pour un poste en histoire du design », ajoute Valentine, une étudiante en quatrième année. « Nous nous demandons jusqu’où ça va aller. » Élèves et professeurs regrettent que la direction par intérim ne se soit pas investie dans la recherche de nouvelles forment de financement. Ils sont déterminés à se mobiliser pour la qualité des cursus proposés à l’Isdat.
« On ne peut pas laisser les choses se dégrader », lâche un enseignant. Jérôme Dupeyrat appuie : « On se mobilise pour que la situation soit réversible. C’est-à-dire que s’il y a de la casse, ça ne doit pas devenir une norme de fonctionnement. »
Bryan Faham
Bryan Faham écrit pour le Journal Toulousain depuis 2021, notamment sur les sujets en lien avec l’économie, l’aéronautique et le sport. Formé à l’ISJT, il a collaboré avec France-Guyane, TV Magazine, La Tribune et Freshr.
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