Un rapport de la Chambre régionale des comptes d’Occitanie pointe la fragilité financière de l’USM Rugby et de sa société administratrice, malgré une restructuration en 2019. Dépendant des subventions publiques et d’un actionnaire privé, le club peine à stabiliser ses comptes face à des charges croissantes. L’institution de contrôle appelle à une refonte de son modèle économique pour assurer sa pérennité.
Un récent rapport de la Chambre régionale des comptes d’Occitanie s’est penché sur la gestion de l’association Union Sportive Montalbanaise Rugby (USM) et de la société anonyme sportive professionnelle, la SASP Union Sportive Montalbanaise. Ce contrôle, mené sur une période de cinq ans entre 2018 et 2023, vise à évaluer la santé financière du club et à mettre en lumière les relations entre les deux entités.
Fondé en 1903, le club montalbanais fait partie des institutions historiques du rugby à XV en France. En 2019, un tournant majeur a été amorcé avec l’arrivée de Jean-Claude Maillard, PDG de Figeac Aero, comme actionnaire majoritaire, prenant ainsi le contrôle de 70% des parts de la structure professionnelle. Cette nouvelle direction a entraîné des réformes internes touchant aussi bien l’organisation administrative que la gestion commerciale et sportive.
Au fil des ans, les tensions financières entre l’association et la SASP ont en effet fluctué. Une convention signée en 2017 encadre leurs échanges, mais les difficultés économiques du club professionnel ont entraîné un affaiblissement du soutien financier à l’association. Celle-ci a même accepté d’annuler une créance de 250 000 euros pour alléger la pression sur le club. Toutefois, cette pratique a été abandonnée et un rattrapage financier de 325 000 € a été versé à l’association pour la période 2022-2023, afin de rééquilibrer la situation. « L’actualisation de la convention-cadre serait l’occasion de repenser les relations financières entre les deux structures », estime la Chambre régionale des comptes d’Occitanie.
Malgré des périodes de stabilité relative, les comptes de l’association restent globalement déficitaires. L’association peine à couvrir ses dépenses, particulièrement lors des saisons 2021-2022 et 2022-2023, où les coûts liés au personnel et à la gestion du centre de formation ont pesé lourdement sur les finances.
La SASP, quant à elle, rencontre également des difficultés structurelles. À l’exception d’une saison bénéficiaire en 2021-2022, le club professionnel accumule des déficits, malgré une hausse du chiffre d’affaires. L’augmentation des charges, en particulier celles liées aux salaires des joueurs et du staff technique, grève ses finances. Actuellement, l’équilibre financier est maintenu grâce à des ajustements, comme la renégociation des échéances de remboursement des prêts garantis par l’État. Toutefois, cette stratégie ne saurait être une solution durable sans une révision plus globale de la gestion du club : « Ce contexte montre les limites de ce modèle qui, sans une réflexion sur la maîtrise de ces charges, ne présente pas des gages de pérennité, en dépit des apports en capital de son actionnaire principal », prévient la Chambre régionale des comptes d’Occitanie.
Face à cette situation, les pouvoirs publics jouent un rôle clé dans le soutien du club. Entre 2018 et 2023, les aides versées par la commune de Montauban, le Département du Tarn-et-Garonne et la Région Occitanie ont atteint 3,3 millions d’euros. La municipalité de Montauban est particulièrement impliquée, injectant à elle seule 1,6 million d’euros sur cette période. Elle est d’ailleurs la seule collectivité à financer directement le club professionnel, avec une contribution annuelle de 360 000 €, totalisant ainsi 2,1 millions d’euros en cinq ans.
En complément des subventions, les collectivités passent des commandes de prestations à l’association, générant 1,68 million d’euros de revenus supplémentaires. Le Département est le principal client de ces services. Par ailleurs, des investissements municipaux ont été réalisés pour moderniser les infrastructures sportives, avec l’espoir d’attirer de nouvelles sources de financement. Le président du club a reconnu l’urgence d’une mise à jour des accords d’occupation des équipements et de la redevance associée.
L’examen financier de ces dernières années met en évidence un fonctionnement fragile, tributaire à la fois de l’engagement de l’actionnaire principal et du soutien des collectivités locales. Si ces contributions permettent de maintenir à flot le club, elles ne suffisent pas à garantir sa viabilité sur le long terme. La Chambre régionale des comptes d’Occitanie conclut ainsi qu’une réflexion approfondie sur la maîtrise des coûts et la diversification des revenus apparaît indispensable pour assurer l’avenir de l’Union Sportive Montalbanaise.
Commentaires