Que faire en cas de rencontre avec Bambou, Caramelles Plume ou Claverina ou l’un des 64 Ours bruns qui vivent actuellement dans les Pyrénées. Les conseils de base pour faciliter la cohabitation entre randonneurs et faune sauvage.
Avec l’arrivée de l’été et des belles journées ensoleillée, les envies d’évasion et de randonnée en montagne se font plus pressantes. Alors, même si la possibilité de croiser un Ours brun, dont la réintroduction dans les Pyrénées a commencé en 1996, reste très faible, il vaut mieux avoir quelques notions des gestes appropriés à adopter en cas de rencontre fortuite avec Bambou, Caramelles, Plume ou Claverina.
Tout d’abord, Patrick Leyrissoux, vice-président et coordinateur Ours au sein de l’association Ferus, tient a rappeler la faiblesse du risque que représente la présence de l’ours dans les Pyrénées pour les promeneurs. « Depuis sa réintroduction, il n’a fait aucune victime. L’incident le plus grave étant qu’il ait, un jour, bousculé un chasseur. En comparaison, les bovins ont blessé 10 randonneurs et tué l’un d’entre eux, en juste une petite dizaine d’années », explique-t-il. Par ailleurs, il n’existe en France aucun cas documenté, depuis la deuxième moitié du XIX siècle, de mort d’homme imputable à l’ours.
Malgré son gabarit plutôt impressionnant, les mâles pouvant atteindre jusqu’à 2 mètres pour près de 250 kg, l’Ours brun est un animal pacifique. « Dans 80 % des cas, l’ours prend la fuite. Le reste du temps il est indifférent. Dans seulement trois % des cas, toujours des femelles suitées (accompagnées d’oursons, NDLR), il se montre agressif », rappelle Patrick Leyrissoux.
En effet, selon les services de l’Etat en Occitanie, sur 60 rencontres entre l’homme et l’ours, l’animal n’a chargé que deux fois. Dans les deux cas, il s’agissait d’une femelle accompagnée de ses petits. En 1997, l’ourse Melba charge un chasseur qui la tue, et en 1998 Ziva fait une charge d’intimidation en direction de deux agents de l’équipe technique ours.
« En cas de rencontre à longue distance, il faut éviter de se rapprocher. On peut observer l’animal de loin et même le photographier, mais sans le déranger. En revanche, si on se retrouve nez-à-nez avec un ours, il faut s’éloigner doucement, en évitant les gestes brusques et menaçants qui pourraient être mal interprétés. Il faut surtout éviter de courir pour ne pas déclencher un réflexe de poursuite », explique le coordinateur Ours de l’association. D’autant que la bête est capable d’atteindre les 55 kilomètres/heure.
Si Patrick Leyrissoux ne souscrit pas totalement aux adages conseillant de fixer l’ours du regard, de lui faire face ou de lui parler, en français ou dans une autre langue, il reconnaît toutefois qu’il peut être bon de garder en permanence un œil sur l’animal.
Par ailleurs, Patrick Leyrissoux invite ceux qui le souhaitent à alerter l’office Français de la Biodiversité (OFB), en cas de rencontre avec l’ours, afin de participer au suivi et au recensement de la population dans les Pyrénées. Tout en évitant de faire une trop grande publicité autour du lieu de rencontre, sur les réseaux sociaux, et ainsi éviter d’attirer les curieux. De même, il est formellement interdit de nourrir les ours afin de ne pas le rendre familier de la présence humaine.
Depuis l’arrivée de Zica, la première ourse slovène réintroduite il y a 25 ans, la population d’Ours bruns a été multipliée par 10. Avec désormais près de 64 individus recensés, cette espèce reste toujours considérée en danger critique d’extinction et se concentre surtout dans une zone comprise entre les Pyrénées occidentales et les Pyrénées centro-orientales, sur les versants espagnols comme français des montagnes. Les départements de l’Aude, de la Haute-Garonne, de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales étant actuellement les plus concernés par le territoire de l’Ours.
« L’ours occupe une large gamme de milieux selon les saisons, entre les fonds de vallées à moins de 600 mètres d’altitude et les alpages à plus de 2000 mètres d’altitude. Son milieu de prédilection est la forêt, principalement la hêtraie-sapinière dans les Pyrénées. Contrairement à une idée reçue, l’ours n’habite pas forcément les forêts les plus hautes et difficiles d’accès, mais les forêts les plus riches en ressources alimentaires qui, selon les saisons, peuvent se trouver à moyenne voire basse altitude », détaille l‘office national des Parcs nationaux.
Enfin, l’ours ayant une ouïe et un odorat très développés, mais une vue plutôt médiocre, Patrick Leyrissoux rappelle qu’il suffit de faire un peu de bruit en marchant pour diminuer les risques de mauvaise surprise. « Les contacts ont souvent lieu avec des personnes seules qui marchent en silence et avancent, sans nécessairement s’en rendre compte, sous le vent », précise-t-il.
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