Plante invasive et extinction du palmier à feuilles pennées, les marais colombiens sont le théâtre d’un dérèglement de l’écosystème. Pour y remédier, deux associations locales utilisent l’artisanat afin de ramener un équilibre dans cette biodiversité en danger. Les Toulousains de l’association Rêv’Earth sont allés à leur rencontre, en Colombie.
Après s’être rendus dans une plantation de café biologique, avoir suivi le singe araignée noir, le duo de documentaristes toulousains de l’association Rêv’Earth est parti, en immersion, dans la chaleur des marais de Zapatosa, situés dans la municipalité de Tamalameque, en Colombie. Là-bas, ils ont rencontré les membres de la Fondation Natura Colombia, qui soutient les associations Manatí et Amor del Arte. Ces dernières œuvrent à la restauration de l’écosystème des marais par le biais de l’artisanat.
Qui n’a jamais entendu parler des algues vertes sur les plages en Bretagne ou d’une plante invasive qui détruit l’écosystème ? En Amérique du Sud, elle s’appelle la Tarulla ou la jacinthe d’eau en français (eichhornia crassipes). Elle se propage actuellement dans les marais colombiens, qui représentent le plan d’eau douce continental le plus grand d’Amérique du Sud, engendrant de graves problèmes environnementaux puisqu’elle provoque l’asphyxie de la faune aquatique et de la flore. Son expansion est due à la disparition de l’animal emblématique de ces marais : le lamantin aussi surnommé ‘’la vache de mer’’. Ce grand consommateur de jacinthe d’eau régulait la prolifération de cette plante invasive. Mais il a été victime de la surpêche.
À Zapatosa, un groupe de femmes rassemblées au sein de la fondation Manatí (lamantin en français) tentent de protéger cet écosystème si riche en reprenant le rôle de la vache de mer. Pour cela, elles convertissent cette plante invasive en ressources. Ainsi, elles créent des pièces d’artisanat, de l’engrais biologique et du papier écologique, à base de Tarulla. « Ces femmes qui ont décidé d’agir et de s’autoformer pour défendre leur environnement de manière sobre, créative et pacifique. Leur engagement est incroyable et très inspirant ! Car leur initiative peut être reprise dans d’autres régions du monde », observent les deux réalisateurs toulousains.
Dans la même région, la fondation Amor del Arte (Amour de l’art en français) tente de protéger le palmier à feuilles pennées ou “palma estera” en espagnol (astrocaryum malybo), en voie d’extinction, en partie à cause de l’élevage bovin. De manière responsable et sans endommager l’arbre, les femmes de l’association tissent les feuilles et réalisent des tapis, des sacs à main, des sangles, etc. Ainsi, grâce à l’artisanat réalisé à partir du palmier, elles participent à la revalorisation de l’arbre et contribuent à sa protection.
Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.
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