Le maire de L’Union, Marc Péré, a mis en place une commission délibérative qui réunit 15 habitants de la ville pour gérer 10 % du budget voirie de la commune. La première session s’est tenue le 29 janvier. Retour d’expérience avec certains participants.
À L’Union, le maire défend l’idée de la démocratie participative depuis longtemps. Une votation citoyenne avait ainsi eu lieu sur la question de l’eau en novembre 2018. « Avant les Gilets jaunes », précise l”édile Marc Péré. Mais ce dernier souhaitait aller plus loin. « La commission voirie se réunissait tous les mois, mais nous nous sommes dit que notre statut d’élu n’était pas une plus-value », explique-t’il. Un appel à candidatures a donc été lancé et 15 citoyens (et 15 suppléants) ont été tirés au sort pour intégrer cette entité.
« C’est une idée innovante, le début de la démocratie directe »
Parmi eux, Roxane Mallier Jarrige, psychologue, qui a participé à la première réunion le 29 janvier, animée par le premier adjoint Yvan Navarro. « C’est une idée innovante, le début de la démocratie directe, ce qui ne se fait pas encore beaucoup en France », rappelle-t-elle. Elle se réjouit que les citoyens « pas moins compétents sur des questions d’intérêt général », soient à la fois acteurs et décideurs. « Au moment où la démocratie s’essouffle, c’est ce que demandent les citoyens », poursuit-elle. « Impressionnée par la motivation des participants », venus avec des propositions concrètes, Roxane Mallier Jarrige met également en avant le rapprochement avec les élus. « Quand on a les informations, on comprend mieux les contraintes et donc les décisions. »
Les citoyens qui participent à cette commission, réunie tous les deux mois, ont en effet un pouvoir de décision sur des projets de voirie, à hauteur de 10 % du budget alloué à la commune par Toulouse Métropole, soit 80 000 euros. « J’espère faire évoluer ce montant, mais nous ne pouvons pas déléguer la gestion de tout le budget car certains choix restent politiques », assure Marc Péré.
Afin d’accompagner les citoyens dans leurs arbitrages, une personne des services techniques de Toulouse Métropole et un employé de la mairie sont là pour apporter des éclairages, rappeler les normes et effectuer les chiffrages notamment. « C’est une bonne chose car ils ont l’expérience. Mais cela peut aussi être un inconvénient car ils ont leur façon de fonctionner et cette dernière ne doit pas trop nous influencer », estime Roxane Mallier Jarrige.
Intéressée par ces sujets pour avoir créé à L’Union l’association de promotion du vélo ‘’Deux pieds deux roues’’ et membre de la commission Déplacements doux, Christine Perroux, chef de projet informatique chez Airbus, loue « l’aspect novateur de cette démarche consistant à gérer un budget ». Suppléante, elle était également présente le 29 janvier et juge l’exercice « pas facile ». « C’était plutôt une mise en place pour déterminer la façon de travailler. 80 000 euros, ça va vite. »
Un constat partagé par Roxane Mallier Jarrige, qui note les orientations différentes entre « les pro-vélos » et ceux qui sont « très voiture » par exemple. « Il y a plein de bonnes idées mais il va falloir décider à 15 », résume-t-elle. Les deux femmes sont en tout cas enthousiastes et convaincues du bien-fondé de cette commission. « J’espère que ce sera étendu à d’autres domaines », conclut Christine Perroux.
Paul Périé
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