A quelques jours du premier tour des élections régionales, qui se tiendra le dimanche 20 juin 2021, le Journal Toulousain vous propose de mettre en lumière les positions des principales têtes de liste d’Occitanie concernant l’environnement et l’enjeu écologique.
Le Journal Toulousain vous propose de comparer les propositions des candidats aux élections régionales concernant l’enjeu écologique dans la politique du Conseil régional, et si une conciliation est possible entre les impératifs économiques et écologiques.
Pour la socialiste Carole Delga, présidente sortante postulant pour un deuxième mandat, la transition écologique est vecteur de création d’emploi. Elle annonce un objectif de ”100 000 emplois de demain” qu’elle propose en faveur de nouvelles filières (fabrication, de masques, biomédicaments, énergies renouvelables, éco-construction, éolien en mer, mobilités du futur…), sur celui des grands projets tels que les LGV ou l’autoroute Toulouse-Castres, et les énergies positives comme l’hydrogène et l’avion vert.
La tête de liste Occitanie Populaire, soutenue notamment par La France Insoumise, Myriam Martin, prône une “reconversion économique vers des industries plus propres”, mais demande l’arrêt de “projets inutiles” comme ceux de l’autoroute de Castres, de la méga-scierie de Lannemezan ou encore celui de Port-la-Nouvelle, qui est “une catastrophe pour les écosystème marins et qui n’a d’autre but que de multiplier les importations et exportations, notamment d’hydrocarbures”.
A la place, Myriam Martin propose d’accompagner l’installation de 6000 agriculteurs bio en Occitanie, et souhaite un moratoire sur les projets de méthanisation industrielle qui peuvent “polluer les sols et les nappes phréatiques”, avec une étude d’impact “qui ne soit pas réalisée par les méthaniers eux-même. On ne peut pas jouer avec la vie des gens au nom du profit. Le principe de précaution est important et la moindre des choses, lorsqu’on est élu, c’est de protéger les citoyens”.
La tête de liste Nouvel Elan Occitan (sans étiquette, soutenu par la majorité présidentielle), Vincent Terrail-Novès, considère que croissance économique et écologie ne sont pas contradictoires, et qu’ils sont conciliables. “En tant que maire de Balma, j’ai par exemple initié une politique ambitieuse de sobriété énergétique dans les bâtiments publics. Il faut d’abord privilégier les secteurs dans lesquels on peut intervenir avant de punir les gens”.
En matière de défense de l’environnement, Vincent Terrail-Novès souhaite réduire de moitié les émissions de gaz à effets de serre d’ici 2030 grâce à la sobriété énergétique des bâtiments, le financement de projets en lien avec la transition écologique, la mise en place d’une banque des territoires régionale. Il vise aussi le zéro plastique, soutient l’idée d’un “bouquet énergétique” qui garderait le nucléaire, et demande un moratoire sur l’éolien.
Le candidat Les Républicains aux élections régionales 2021 en Occitanie, Aurélien Pradié, pense qu’il est possible de concilier développement économique et écologie, mais qu’il ne faut “pas tomber dans l’imposture des écologistes”. Il juge l’éolien comme “une hypocrisie et un non sens environnemental” et dénonce “le fait que les écologistes intégristes s’intéressent à tout sauf à la préservation de l’environnement”.
Selon lui, ces derniers s’attaquent à des sujets mineurs (sapins de Noël, tour de France, viande dans les cantines) qui “n’ont aucun impact sur la question”, et veulent déconstruire “notre mode de vie”. Pour défendre l’environnement, il propose la “préférence régionale” en privilégiant “la localité économique grâce à des mesures comme l’introduction de clauses carbones dans les marchés publics”.
Pour l’écologiste Antoine Maurice, il n’y a “pas de conciliation” possible entre les impératifs économiques et écologiques, car selon lui, “l’écologie est ”La” condition de notre développement économique”, et une chance pour l’emploi. Il cite une étude du cabinet Ernst and Young de juin 2020, selon laquelle une politique environnementale ambitieuse “pourrait aboutir à la création de 94 000 nouveaux emplois en Occitanie, d’ici fin 2022”.
Il appelle de ses voeux la diversification de secteurs économiques devant évoluer, comme la viticulture ou l’agriculture en général. Contre la monoculture ou la mono-industrie, il prône la « biodiversité économique ».
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