Une TPE du Gers, spécialisée dans les avions légers, équipe depuis début 2017 ses clients avec un tout nouveau moteur. De fabrication autrichienne, Le Rotax réduit la consommation de carburant, le bruit et les pollutions de son avion-hôte, le DR 400.
Gabriel Haurillon © Franck Alix
“L’idée est de faire baisser le coût des heures de vol pour les apprentis pilotes “, explique Gilles Aurensan, directeur technique de Nogaro Aviation. Pour atteindre cet objectif, le Gersois et son associée, Karine Baillou, s’attaquent au DR 400. Cet avion de tourisme monomoteur représente 50% des modèles utilisés par les aéro-clubs français.
Petit et maniable, l’aéronef ne présente qu’un inconvénient, son moteur. “Le Lycoming d’origine est très robuste, mais il a été conçu dans les années 1950, quand les Américains payaient plus cher l’eau minérale que l’essence”, explique Yvon Aubrun, secrétaire général de l’aéro-club de Toulouse Midi-Pyrénées.
En 2014, Nogaro aviation travaille donc à installer le Rotax, un moteur innovant, pour remplacer ce gourmand vieillard. ” Le problème est qu’il faut adapter le fuselage du DR400 pour supporter les charges de ce nouveau moteur, et les certifications dans l’aviation sont très strictes”. En août 2016, la modification finit alors par être certifiée par l’Agence européenne de sécurité aérienne. Résultat : un avion qui consomme 15 litres de carburant par heure de vol au lieu de 25 avec le moteur précédent.
” On estime que notre innovation permet de diminuer de 40% les frais d’exploitation d’un avion “, ajoute Gilles Aurensan. En effet, le Rotax fonctionne à l’essence automobile. Elle est près de 50 centimes moins chère que l’essence aviation utilisée par son prédécesseur. Son hélice, raccourcie de 10 cm et fabriquée en carbone, est aussi plus légère que l’alliage d’aluminium utilisé précédemment. ” Outre la réduction de consommation, cela permet d’abaisser de moitié les nuisances sonores de l’avion, tout comme ses émissions de CO2″.
L’installation du Rotax se fait essentiellement à la fin de vie du moteur précédent. Le surcoût de l’innovation est alors de 30 000 € par rapport à son ancêtre. “Je vais attendre un peu avant de passer à ce nouveau moteur “, avoue Yvon Aubrun. ” Le temps qu’il se rode, mais je suis sûr qu’il va prendre”. Tant mieux pour Nogaro Aviation qui développe actuellement un projet de moteur sur un avion de voyage. Il n’aura sa pleine capacité de production qu’à partir de 2018.
La rédaction
Le Journal toulousain est un média de solutions hebdomadaire régional, édité par la Scop News Medias 3.1 qui, à travers un dossier, développe les actualités et initiatives dans la région toulousaine. Il est le premier hebdomadaire à s'être lancé dans le journalisme de solutions en mars 2017.
Voir les publications de l'auteurActualités en continu - Actualités
Commentaires