ÉOLE. Remplacer (en partie) le fioul par le vent pour faire avancer les gros bateaux de commerce. C’est le pari de la start-up AirSeas qui a mis au point une aile de traction pour ces monstres des mers. Avec en ligne de mire la réduction des émissions gazeuses polluantes et la sauvegarde des océans. – Océane Redon © Simon Burchett
Un vent de nouveauté pourrait bientôt souffler au sein de la marine marchande. Grâce à la start-up toulousaine AirSeas et son aile volante SeaWing, la force du vent, déjà utilisée pour les voiliers ou les kitesurfs, le sera aussi pour faire avancer les bateaux de commerce. Avec à la clé, une économie de 20% de fioul et une réduction de 20% de gaz à effet de serre. Des promesses qui séduisent : « Nous avons reçu deux lettres d’intention de gros armateurs mondiaux pour équiper leurs flottes », assure Vincent Bernatets, fondateur d’AirSeas.
Ingénieur chez Airbus, ce passionné de voile a développé son idée en 2015, lorsque l’Organisation maritime internationale s’est engagée à diminuer de 30% les émissions en CO2 des navires de commerce d’ici 2030. Il s’est alors inspiré d’une ancienne expérimentation allemande prouvant qu’un cargo pouvait être tracté par une voile dépliée manuellement, en y joignant le savoir-faire d’Airbus sur l’automatisation des avions. « Notre valeur ajoutée, c’est l’automatisation du dispositif. Il faut juste appuyer sur un bouton et en 10 minutes, l’aile est dans les airs. » SeaWing sera livrée avec un logiciel qui indiquera quand la déployer selon des données météorologiques.
Cette aile souple, qui devrait prendre son envol fin 2019, fera entre 500 et 1000 mètres carrés pour une tonne environ. L’objectif affiché est qu’en 2030, 15% des 28 000 navires de plus de 5 000 tonnes dans le monde en soient équipés. Selon Vincent Bernatets, SeaWing permettra « un retour sur investissement en deux ans ». En attendant, un prototype de 16 mètres carrés est testé depuis septembre sur un bateau d’Airbus transportant des pièces d’avions entre l’Angleterre et la Gironde. Car SeaWing ne peut être utilisée qu’en pleine mer, où les contraintes sont moindres et où le vent souffle fort (entre 8 et 40 nœuds).
Composée de dix personnes, AirSeas bénéficie du soutien d’Airbus, qui détient une participation minoritaire dans le projet avec un investissement de 1,2 million d’euros. La start-up a aussi reçu une aide de 4,65 millions d’euros de l’Ademe. Une affaire qui vole !
La rédaction
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