Selon les premiers éléments de l’enquête, l’effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn, ce lundi 18 novembre, serait dû au passage d’un véhicule de chantier deux fois trop lourd. Si l’entretien du viaduc ne semble pas mis en cause, qu’en est-il des autres ouvrages d’art du département ? Pont de Mirepoix sur Tarn effondré Crédit : OIivier Le Corre
Ce serait au passage d’un camion deux fois trop lourd pour la portance de l’ouvrage que le pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn s’est effondré, lundi 18 novembre, vers 8 heures du matin. Cet ouvrage bâti en 1931 pour enjamber le Tarn n’était « pas classé à risque et ne faisait pas l’objet d’une vigilance particulière », confirme le Conseil départemental en charge de sa maintenance, par le biais de Bertrand Loose, son directeur général des services. D’importants travaux de rénovation avaient d’ailleurs été réalisés au début des années 2000. « Ce pont, comme les 1 840 autres qui sont sous notre responsabilité, faisait l’objet d’un entretien et de contrôles réguliers. Tous les ans par nos agents et tous les 6 ans par un organisme assermenté et spécialisé dans l’étude des risques liés à l’aménagement. Le dernier avait été effectué en 2017 par le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) qui avait validé sa classification en catégorie 2 (viaduc). Toutes les recommandations, mineures, avaient été suivies des opérations de maintenance indiquées », précise-t-il.
Ce drame rappelle celui du pont Morandini, à Gènes, en 2012 qui s’était également effondré, l’an dernier et qui avait poussé les sénateurs à lancer une mission d’information dédiée à la sécurité des ponts. En juin 2019, cette commission avait abouti à la conclusion qu’en France, près de 25 000 ouvrages sont en mauvais état structurel et posent des problèmes de sécurité et de disponibilité pour les usagers ». En Occitanie, deux d’entre eux sont particulièrement mis en cause par ce rapport : le viaduc de l’Arrêt-Darré, dans les Hautes-Pyrénées, et celui des Pox dans les Pyrénées-Orientales.
En revanche, le Conseil départemental de Haute-Garonne assure qu’aucun de ses ponts n’est concerné par cette alerte. « Notre politique d’entretien est parfaitement conforme aux recommandations des experts. Nous y dédions quatre millions d’euros par an, hors nouvelles constructions. Sur ce drame, qui a suscité un véritable émoi au sein de nos équipes, nous travaillons activement avec le Bureau enquête analyse terrestre. En fonction des résultats des investigations, nous verrons s’il y a lieu de corriger certaines approches », complète Bertrand Loose.
Nicolas Belaubre
Nicolas Belaubre a fait ses premiers pas de journaliste comme critique de spectacle vivant avant d’écrire, pendant huit ans, dans la rubrique culture du magazine institutionnel ‘’à Toulouse’’. En 2016, il fait le choix de quitter la communication pour se tourner vers la presse. Après avoir été pigiste pour divers titres, il intègre l’équipe du Journal Toulousain, alors hebdomadaire de solution.
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