BUDGET – Confrontées à une baisse sans précédent de leurs ressources, les collectivités locales doivent faire preuve d’imagination pour alléger les charges qui pèsent sur les habitants.
Monique Castro © Rauenstein
« Une fois qu’on est arrivé à l’os, on ne peut pas aller plus loin », s’exclame Thierry Suaud, maire de Portet-sur-Garonne pour illustrer la situation financière des collectivités locales. Entre 2014 et 2017, elles ont dû faire face à une baisse spectaculaire de la dotation globale de fonctionnement (DGF), versée par l’État pour financer les compétences qu’il leur a transférées, et ont dû réaliser 9,4 milliards d’euros d’économies.
Avec les impôts locaux et les taxes diverses, la DGF constitue le nerf de la guerre des collectivités. Or, si elles ont à se serrer la ceinture pour “éponger le déficit du pays”, la perspective de baisser encore leurs dépenses sur cinq ans pour atteindre cette fois 13 milliards d’économies, d’ici 2022, affole les élus.
Si le recours à l’imposition semble parfois inévitable, nombre de communes ont su trouver d’autres sources de financement. Près de Saint-Gaudens, dans la petite commune de Pointis-Isnard, Jean-Louis Puissegur, maire depuis trente ans, a misé sur la pierre. La commune a acheté treize logements qu’elle loue. « Si nous n’avions pas ces locations, nous serions obligés de doubler la taxe d’habitation », reconnaît-il. « Sans compter que ces logements sociaux sont souvent loués bon marché à des jeunes qui souhaitent rester au village et qui plus tard font construire sur la commune. »
Par ailleurs, Jean-Louis Puissegur n’a pas voulu recourir massivement aux emplois aidés pour développer des services. Bien lui en a pris, puisque le gouvernement Macron vient d’annoncer la suppression de la plupart de ces contrats. « Il y a deux ans, nous avons fait le choix de réduire les heures de ménage d’agents communaux, pour leur proposer des animations. Ils ont passé leur Bafa (Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateurs) et sont devenus des agents périscolaires. », poursuit l’élu.
À Sainte-Foi, un village de 28 habitants à côté de Mirepoix, le maire, Daniel Gaillard, a dû faire preuve d’imagination et de persévérance pour réunir les 200 000 euros indispensables à la rénovation d’une chapelle du XIIe siècle, laissée à l’abandon. Pour convaincre les architectes des Bâtiments de France de l’intérêt du projet, il est devenu incollable sur les fresques médiévales.Il a frappé et refrappé à toutes les portes, collectivités locales comme entreprises, organisé des journées des sponsors et levé des fonds auprès des particuliers. « J’ai même réussi à obtenir 20 000 euros de la fondation Rohan Chabot », raconte-t-il. « Ce sont des nobles qui ont légué une partie de leur fortune pour aider les églises rurales ». Aujourd’hui, la chapelle, dont les travaux ne sont pas encore terminés, figure parmi les sites régionaux à visiter.
Une tout autre approche à Ayguesvives, où les habitants ont choisi de mettre la main à la pâte plutôt qu’au portefeuille. « Cet été, un chantier de bénévoles, composé de citoyens mais aussi d’élus a permis la rénovation des portes et des fenêtres de la salle des fêtes », se réjouit Jacques Oberti, le maire. Ce chantier, qui a duré deux semaines, a été décidé pendant l’année par les habitants eux-mêmes qui ont également prévu de nettoyer les espaces verts et d’installer des bancs. L’aventure est tellement enthousiasmante qu’une habitante d’un village voisin est venue prêter main forte.
La rédaction
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