La délégation Sud-Ouest du Réseau de transport d’électricité dresse le bilan de l’impact du confinement, et plus globalement de la crise sanitaire et économique, sur la consommation d’électricité en Occitanie. La baisse de la consommation d’électricité a été brutale en Occitanie pendant le confinement ©RTE
Jamais une telle chute de consommation d’électricité n’avait été enregistrée en Occitanie. Dès la deuxième semaine du confinement, l’arrêt quasi complet des activités économiques et industrielles s’est traduit par une diminution soudaine de la consommation d’électricité allant jusqu’à -15 % par rapport au niveau habituellement constaté à cette période. « Même au plus fort de la crise de 2008, nous n’avions pas connu de baisse aussi brutale », confie Erik Pharabod, délégué Réseau de transport d’électricité (RTE) Sud-Ouest.
Autre particularité liée au confinement : alors qu’en temps normal, la hausse de consommation électrique sur les réseaux se constate à l’heure d’ouverture des bureaux, « pendant cette période extraordinaire, la croissance était plus progressive durant la journée », poursuit Erik Pharabod. Et si l’usage des appareils électriques au sein des foyers a forcément été accru, cela n’a pas eu d’impact sur la tendance globale. Sans surprise, les secteurs qui ont connu les plus fortes baisses dans la région ont été ceux du transport ferroviaire (-31 %) et de l’industrie (-15 %), en particulier des matières premières, de l’automobile et de l’aéronautique.
Depuis le déconfinement, la consommation se redresse peu à peu. Elle est aujourd’hui encore inférieure de 3 à 4 % par rapport à la normale. Mais, c’est surtout en matière de production d’électricité que les conséquences de la crise sanitaire peuvent causer des difficultés à plus long terme. En effet, l’impossibilité de réaliser certains chantiers dans le parc nucléaire, durant le confinement, a entraîné une baisse de la disponibilité d’électricité. « Cet été, il y en avait moins que d’habitude dans les réseaux, mais les producteurs ont réorganisé leur planning pour retrouver un niveau suffisant pour passer l’hiver », lance le délégué.
Ce dernier l’assure, il n’y aura pas de blackout même si la situation sera particulièrement sous vigilance. « Nous serons dans les fourchettes basses de production, mais même en cas de vague de froid, des possibilités existent pour passer les pics comme l’importation, l’appel à la modération des ménages ou au pire, des coupures de courtes durées réparties sur le territoire. Ce ne serait pas la première fois, nous savons gérer ces situations », assure Erik Pharabod.
« Les années à venir seront l’occasion d’accélérer la transition énergétique des territoires, mais aussi d’avancer sur des mutations à plus long terme comme le stockage. » Dans cet objectif, RTE a ainsi décidé de maintenir ses investissements. Un milliard d’euros sont prévus sur la période 2020-2024 pour réaliser les adaptations nécessaires sur le réseau pour augmenter la part d’énergies renouvelables.
Aujourd’hui, en Occitanie, deuxième région française en la matière, ces dernières couvrent à elles seules 41 % de la consommation d’électricité. En termes de production, la part de l’énergie renouvelable (49,8 %) dépasse même celle du nucléaire (49,3 %) dans la région. Le solaire et l’éolien sont particulièrement en hausse avec respectivement +18,1 % et +15,3 % en 2019 (par rapport à 2018). Pour aller plus loin, plusieurs axes ont été définis comme la modernisation du réseau existant, la réalisation de nouveaux ouvrages de raccordement au réseau des énergies renouvelables ou encore le développement d’installations offshore. Deux projets expérimentaux de parcs éoliens maritimes flottants sont ainsi prévus à Leucate et à Gruissan.
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