POUR Osez le féminisme 31
La proposition de loi adoptée vendredi dernier se fonde sur 4 piliers qui sont le renforcement de la lutte contre le proxénétisme, un meilleur accompagnement des personnes prostituées, l’éducation à l’égalité pour les jeunes et enfin la pénalisation des clients. Il était important que cette dernière notion soit réintroduite dans la loi (les Sénateurs l’en ayant soustraite). Ainsi l’Assemblée Nationale confirme que le principe d’achat d’un acte sexuel est une violence en soi commise par les « clients » prostitueurs à l’encontre des personnes en situation de prostitution. Il faut bien rappeler que 99% des clients sont des hommes et que ce sont eux qui profitent et perpétuent le système de domination masculine et patriarcale. Ce sont eux qui achètent le corps de femmes précaires en toute impunité. Comme s’il existait, chez certains hommes, des pulsions sexuelles irrépressibles et de l’autre côté une aptitude au sacrifice sexuel chez les personnes prostituées, très majoritairement des femmes. Ce sont là des représentations machistes et l’égalité femme-homme ne pourra être construite que lorsque ce système de violences sexuelles ne sera plus toléré dans notre société.
CONTRE Julie Sarrazin Directrice de Griselidis Association de santé communautaire
En tant que directrice de Grisélidis, association de santé communautaire travaillant avec les travailleuses du sexe depuis plus de 15 ans à Toulouse, je suis contre la pénalisation des clients car cela aura des conséquences désastreuses sur les conditions de vie et de travail des prostituées elles-mêmes. Sous prétexte de les protéger, on va les contraindre à plus de clandestinité, il va falloir se cacher pour rentrer en contact avec les clients, aller dans des zones isolées ou sur Internet. Elles seront plus exposées aux violences et plus éloignées des associations. La santé, la sécurité et la solidarité vont encore passer au second plan : il s’agira de trouver un client rapidement sans prendre le temps d’évaluer les risques, de négocier les pratiques, les prix et l’usage du préservatif. Les travailleuses du sexe ne demandent pas la criminalisation de leur activité mais elles demandent des droits : droit à la régularisation, droit au logement, droit à la formation et au travail, l’application du droit commun en cas de violence et d’exploitation… Au lieu de ça, on va interdire leur activité, réduire leurs revenus et les pousser un peu plus dans la précarité et la clandestinité !
La rédaction
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