SYSTÈME D. Alors que la rentrée universitaire approche, la solidarité s’organise à tous les niveaux pour soulager le budget des étudiants. En attendant des solutions à long terme ?
Nicolas Mathé © Franck Alix
Si les fameux 5 euros rabotés des aides au logement (APL) à partir du mois d’octobre ont enflammé l’actualité estivale, ils ont aussi eu pour mérite de mettre au cœur du débat un sujet qui finissait par devenir un marronnier de la rentrée : l’augmentation du coût de la vie étudiante. “Cette baisse des APL est loin d’être anecdotique car elle s’inscrit dans un mouvement de précarisation progressive des étudiants. Chaque année, la hausse de leurs dépenses est bien supérieure à l’inflation. Un sur deux est déjà obligé d’être salarié en parallèle sachant que cela altérera de 60% ses chances d’obtenir un diplôme”, détaille Suzanne de Foras, présidente de l’Unef Toulouse.
Selon l’étude publiée par le syndicat au mois d’août, le coût de la vie étudiante a augmenté en France de 2,09 % tandis que les chiffres de l’inflation sont de +0,7% d’après l’Insee. À Toulouse, le montant des dépenses mensuelles moyennes s’élève par exemple à 831,5 € contre 777 € en 2016. La Ville rose obtient ainsi un honorable 14e rang au classement des villes les plus chères pour les étudiants. “On peut dire que la situation est moins compliquée à Toulouse qu’ailleurs mais c’est aussi grâce aux mobilisations successives, notamment sur la question des transports, alors que la mairie menace régulièrement d’augmenter les tarifs”, souligne Suzanne de Foras.
Alors que le logement occupe les 3/4 du budget tout au long de l’année, c’est bien entendu le moment de la rentrée qui s’avère particulièrement compliqué pour les étudiants. Une donnée prise en compte par Emmaüs qui leur offre pour la deuxième année consécutive un véritable coup de pouce. En 2016, 500 étudiants avaient déjà profité des remises de 30% sur les meubles, la vaisselle, la literie, les fournitures et le matériel informatique.
Un succès qui devrait être vite dépassé cette année. Du côté des aides, la mairie, elle aussi, a décidé de se pencher sur les problèmes des étudiants en relançant depuis juillet 2017 son dispositif à destination des nouveaux arrivants. ”Install’toit” a remplacé ”PassLog” mais le concept consiste toujours en un petit prêt à taux zéro pour couvrir les frais générés par la location d’un appartement (caution, loyer, assurance habitation, ouverture d’un compteur d’électricité, abonnement internet…). Il peut varier de 100 à 500 € selon les ressources et peut se rembourser petit à petit sur une période de deux ans maximum, à hauteur de 20 € par mois.
Ces aides souvent bienvenues pour les étudiants ne suffiront pas pour autant à éradiquer le problème de l’augmentation du coût de la vie selon Suzanne de Foras. “Il existe beaucoup de bons plans mais qui ne bénéficient qu’à ceux qui en entendent parler. On est dans le système D. Nous proposons des solutions à long terme comme l’encadrement des loyers à Toulouse. Et, au niveau national, une allocation d’autonomie pour les étudiants entre 800 et 1000 euros destinée à remplacer le système actuel de bourses indexées sur les revenus des parents, injuste et infantilisant “.
La rédaction
Le Journal toulousain est un média de solutions hebdomadaire régional, édité par la Scop News Medias 3.1 qui, à travers un dossier, développe les actualités et initiatives dans la région toulousaine. Il est le premier hebdomadaire à s'être lancé dans le journalisme de solutions en mars 2017.
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