Les élus du Sicoval sont unanimes, tous les enfants pourront retrouver leur établissement scolaire le 22 juin. En revanche, ils ne pourront pas garantir le respect du protocole sanitaire, qu’ils jugent « impossible à mettre en place sur le terrain ». CC Amanda Mills-Pixnio (photo recadrée)
Lundi 22 juin, tous les enfants seront à nouveau admis dans les établissements scolaires. Tout en respectant une distanciation sociale de un mètre entre chaque élève (elle n’est plus obligatoire, mais recommandée) de leur arrivée le matin, jusqu’à leur départ le soir. Et en évitant qu’ils ne se croisent et “se brassent”, par leur maintien dans un même groupe toute la journée. Un protocole sanitaire assoupli, mais encore trop strict pour prétendre accueillir la totalité des élèves selon les élus du Sicoval, l’agglomération du Sud-Est toulousain, qui le jugent « impossible à mettre en place ».
Tous ont écouté le président de la République annoncer que tous les enfants de France pourraient retrouver les bancs de leur école le 22 juin prochain. « Un retour fondamental pour libérer les parents dans un premier temps, afin qu’ils reprennent une activité professionnelle normale. Et pour permettre aux élèves de renouer avec ce sanctuaire de l’éducation qu’est l’école, avant les vacances, dans un second temps », confirme Jacques Oberti, président du Sicoval.
Ce dernier, comme tous les élus de l’intercommunalité, s’attendait à la publication un protocole sanitaire très allégé pour permettre une “rentrée” apaisée. Mais les mesures du ministère de l’Éducation, énoncées par décret, seraient encore trop rigoureuses pour envisager leur mise en place dans des établissements aux effectifs complets. Notamment celles concernant le brassage des élèves durant les temps périscolaires. « Comment ne pas mélanger les classes à la cantine ? Ou à la garderie ? Ou au Clae ? C’est aberrant ! » lance Jacques Oberti. D’autant que chaque établissement dispose de contraintes propres.
L’enseignement public du premier degré relevant de la compétence des municipalités, c’est au maire de s’assurer du bon déroulement du retour de tous les enfants à l’école. Et justement, les édiles des 36 communes composant le Sicoval ont décidé d’assumer : « Nous les accueillerons tous, comme l’exige l’exécutif. Mais nous ne garantirons pas le respect du protocole sanitaire », affirme le président de l’intercommunalité.
En effet, certains établissements de petite taille, comme celui de Rieux-Volvestre, envisagent d’aménager leurs locaux et de réorganiser les temps d’accueil : « Nous réfléchissons notamment à réaliser plusieurs services à la cantine », précise le maire, Christian Roussel. Mais tous ne pourront pas le promettre.
À Ramonville-Saint-Agne, par exemple, le maire, Christophe Lubac peste : « Si nous appliquons le décret (distanciation et non-brassage), il ne sera pas possible pour tous les élèves de manger au réfectoire. Je refuse de choisir qui en aura l’accès et qui ne l’aura pas. » Selon lui, il s’agit « d’une maltraitance institutionnelle en direction des enfants ». Et Jacques Oberti de traduire : « Tous mangeront à la cantine, quitte à passer outre le protocole. »
Par leur décision unanime, les élus du Sicoval souhaitent envoyer un message : il existe une différence entre les discours et ce qui est pragmatiquement réalisable. Ainsi, « nous demandons au gouvernement de faire confiance à l’échelon local ». Que chaque maire, en son âme et conscience, puisse prendre les dispositions adaptées à sa commune. « Dans certaines, il sera possible de respecter le fameux protocole. Dans d’autres, il faudra s’asseoir dessus », conclut Jacques Oberti.
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