Conséquences. Depuis l’établissement de l’état d’urgence en France métropolitaine et en Dom-Tom, le quotidien de la ville rose a changé. Baisse de la fréquentation des transports en commun, perquisitions administratives, plan Vigipirate alerte attentats, commerces boudés. Mise au point à Toulouse.
Au lendemain des attentats de Paris et de Saint-Denis, Toulouse vit désormais – pour la troisième fois sous la Ve République – sous l’état d’urgence. Depuis samedi 14 novembre 2015, le pouvoir administratif concentre entre ses mains davantage de pouvoir et prend le pas sur le judiciaire. Le préfet de la région – qui est aussi le préfet du département – a le pouvoir d’ordonner des perquisitions administratives de jour comme de nuit durant toute cette période d’état d’urgence, c’est-à-dire jusqu’au 26 février 2016. Chaque habitation, boutique, usine, lieu cultuel ou encore espace privé à l’exception des bureaux de parlementaires, des avocats, des magistrats et des journalistes peut donc faire l’objet d’une perquisition administrative. A ce jour, mercredi 24 novembre 2015, au moins 33 perquisitions ont été réalisées dans notre département. Dix gardes à vue ainsi que quatre assignations à résidence ont été prononcées par le ministère de l’Intérieur. Sont-elles pour autant efficaces ? Menées dans un cadre de la lutte contre le terrorisme elles n’ont cependant aucun lien avec les attentats de Paris et de Saint-Denis. En somme, ces perquisitions peuvent être considérées comme préventives, qui protègent les Français, explique Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur. Elles permettent aussi de récolter des informations pour de nouvelles perquisitions. De la fausse-monnaie a été trouvée lors de la première série de perquisition à Toulouse. Des armes de poing sont recueillies également. Par ailleurs, l’état d’urgence permet aussi aux forces de l’ordre de réaliser des interventions pour judiciariser des affaires – qui pouvaient être en cours – comme des trafics de drogue d’ampleur qui nécessite normalement une commission rogatoire d’un magistrat.
Bien que l’état d’urgence déploie davantage de militaires, forces de l’ordre et de patrouilles à pieds, la fréquentation des transports en commun à Toulouse a chuté de 23% par rapport à un samedi habituel, faute à la crainte ou à la morosité. De fausses-rumeurs circulants sur les réseaux sociaux rapportaient que les enquêteurs de la PJ toulousaines craignaient des attentats dans le métro de la ville rose mais aussi dans de grandes enseignes spécialisées. Ces rumeurs infondées ont contraint les autorités à démentir ces fausses informations.
Les commerces du centre-ville ont aussi été boudés. Selon Jonnhy Dunal, président de l’association des commerçants du Carré Baragnon, « la fréquentation a été quasi-nulle » le jour suivant les attaques. Depuis, la baisse du chiffre d’affaires est de l’ordre de 30%.
Si l’état d’urgence permet de déployer de grands moyens, son efficience, à l’image des résultats des perquisitions administratives peut nous interroger sur sa réelle nécessité et de son impact sur l’opinion publique.
La rédaction
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