Hystérie. En un temps record, le nouveau jeu mobile Pokémon Go s’est imposé comme un phénomène planétaire. Un succès qui, à Toulouse comme ailleurs, doit beaucoup à l’historique de cette franchise ayant bercé toute une tranche d’âge.
Par Thomas Gourdin
Énormément de monde en parle. Beaucoup de monde y joue. En quelques jours à peine, Pokémon Go s’est dressé tel un raz-de-marée. Meilleur lancement de l’histoire pour une application mobile sur l’AppStore alors même qu’il n’était sorti que dans trois pays, le jeu est d’ores et déjà un véritable phénomène de société. L’ampleur du déferlement est telle que nombre de situations cocasses alimentent en permanence les réseaux sociaux ou les rubriques faits divers.
Ce dimanche à Toulouse, ils étaient 2 200, selon les organisateurs, à avoir répondu à l’appel lancé sur Facebook pour une chasse géante au jardin japonais. En majorité des 20-30 ans. Tout sauf un hasard, cette génération ayant été bercée par le premier succès sorti en 1999 sur GameBoy – déjà un support nomade – et par le dessin animé qui en a découlé avec Pikachu en vedette. «Il y a une certaine nostalgie», soulignent nombre de joueurs, dont Thomas, 26 ans. Et un retour aux sources, Pokémon Go renouant avec les bases de la célèbre franchise, déclinée parfois jusqu’à l’ivresse depuis.
« Je n’ai jamais autant marché »
Aux côtés du jeune homme, Maéva est aussi venue en quête de créatures rares, qui apparaissent en surimpression du décor environnant sur son smartphone grâce à la réalité augmentée. Leur ami Bastien, lui, porte un regard plus amusé : «Ce genre de rassemblement pourrait être très communautaire, mais on constate que chacun est seul devant son téléphone.» Un peu plus loin, Bruno, 40 ans, voit au contraire «une opportunité de créer un lien» avec ses enfants, qu’il a incité à jouer. Lui-même n’est pas directement issu de cette “génération Pokémon”. Mais ne s’étonne pas de voir le phénomène gagner à la fois les plus jeunes et les plus âgés : «La moyenne d’âge des “gamers” en France est de 35 ans. Et de plus en plus de gamins ont un smartphone dès leur entrée en sixième.»
Rémy, 25 ans, a d’abord testé le jeu «par curiosité». Il avoue aujourd’hui «n’avoir jamais autant marché». «Le matin, il m’arrive d’aller travailler à pied pour chercher des Pokémons. Dans l’ambiance actuelle, ce jeu permet aussi de nous vider un peu la tête», confesse-t-il. Et en connaisseur du monde numérique, il anticipe un potentiel encore plus impressionnant : «Des rumeurs font état d’un partenariat entre un célèbre fast food et Pokémon Go. Dans tous les cas, on peut imaginer des marques, des commerces ou des lieux culturels profiter du jeu pour attirer du public.»
La rédaction
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