Symbole. Lundi 9 mars, l’association « Jean Calas, l’Europe nous regarde » invitait l’ensemble de la communauté toulousaine à une journée de recueil à la mémoire de Jean Calas, ce commerçant toulousain exécuté par la justice il y a 250 ans et victime de l’intolérance de son époque.
Par Sofiane Oignon
C’est donc place Saint Georges que des dizaines de Toulousains dont le Maire, Jean-Luc Moudenc, des élus et des anonymes se sont retrouvés répondant à l’appel de l’association « Jean Calas, l’Europe nous regarde » afin de commémorer le 250ème anniversaire de la mort de ce commerçant exécuté par décision de justice pour le meurtre de son fils en 1762 puis réhabilité grâce à l’intervention de Voltaire trois ans après. La cérémonie a permis l’inauguration d’un « square Jean Calas ». Le Maire de Toulouse s’est adressé à l’assistance, l’invitant à un devoir de mémoire. Il a rappelé que le nom de Jean Calas raisonnait déjà à travers la ville avec une école portant son nom. D’autres projets sont d’ailleurs à l’étude. Il a également souligné l’angoisse montante pour la nouvelle génération : « c’est un défi de les aider à comprendre » C’est justement dans cet objectif que cette journée à été organisé par l’association « Jean Calas, l’Europe nous regarde ». Pour permettre de parler de sujets, tels que l’intolérance, le fanatisme religieux et la laïcité qui font malheureusement écho aujourd’hui aux attentats que nous avons vécus en janvier dernier.
« Criez et que l’on crie »
Cet homme « victime du fanatisme de son temps » selon Claude Dupuy, président de l’association, est donc un exemple à méditer en ces temps troubles. Durant la cérémonie, le cortège a découvert le 50 rue des Filatiers, une bâtisse où la famille Calas a vécu et dont l’association organisatrice souhaite le rachat par la ville afin de la « rendre aux toulousains ». L’objectif est d’en faire un lieu de dialogue pour traiter de tous ces sujets qui font 250 ans après encore l’actualité. Cette démarche s’inscrit « dans la continuité de l’action municipale » selon Jean-Luc Moudenc qui a rappelé la mise en place de « Toulouse Fraternité : Conseil de la Laïcité ». Sur la maison une plaque commémorative a été présentée avec la citation « Criez et que l’on crie » provenant du Traité sur la Tolérance de Voltaire. La cérémonie s’est ensuite poursuivie au Palais de Justice, en présence de Robert Badinter, ancien ministre de la Justice. D’autres voix du monde judiciaire toulousain se joignent à l’ancien ministre pour condamner cette « monstruosité judiciaire », à l’instar de celle de maître Alain-Jean Varet qui la qualifie d’« ineptie judiciaire ». L’avocat pénaliste toulousain a d’ailleurs salué la première intervention d’un auteur dans le domaine juridique. La journée commémorative s’est ensuite achevée par la représentation du spectacle « C’est la faute à Voltaire » dont le texte a été lu par Mandy Mantelin, descendante de Jean Calas.
La rédaction
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