Colère. C’est à l’université Jean Jaurès que s’est tenue une assemblée générale, ce mardi à 10h. Les personnels des collèges des réseaux d’éducation prioritaire y ont appelé à poursuivre la lutte contre l’austérité et la réforme de l’éducation prioritaire.
Par Myriam Balavoine
Suite à l’assemblée générale du mardi 9 décembre dernier, les enseignants, parents d’élèves et personnels des collèges Bellefontaine, Badiou et Toulouse-Lautrec, du lycée Guynemer et des écoles Empalot et Littré se sont rassemblés afin de poursuivre leur mouvement de contestation. Dans une petite salle, pourtant comble, de la faculté Jean Jaurès, ils se sont exprimés, tour à tour. Pour Régis Boselli, professeur du collège Bellefontaine en grève depuis vingt jours consécutifs, cette « mobilisation inter-établissements permettra de fédérer les différentes actions menées », tant en ce qui concerne l’enseignement secondaire que le supérieur.
C’est dans ce cadre que les syndicats SNES FSU, SNUIPP FSU 31, CGT Education 31 et SUD Education 31 ont appelé tous les personnels des écoles et établissements à se mettre en grève et à participer à la manifestation prévue Square de Gaulle à 14h30. Pour l’ensemble de ces acteurs, la réforme de l’éducation prioritaire est « une réforme d’austérité qui ne met en place aucun moyen nécessaire à l’accomplissement de nos missions. Plus largement c’est aujourd’hui toute l’éducation nationale qui subit des coupes budgétaires et précarise ses personnels. »
Unis face à l’adversité
Alors que le mouvement continue, les manifestants déplorent notamment le manque d’implication et de réponse de la part des pouvoir publics face à leurs diverses actions. « Les autorités académiques nous ont opposé une fin de non recevoir quant à nos revendications » explique Régis Boselli avant de qualifier l’attitude de la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, de « réelle incompétence quant à l’application de la réforme telle qu’elle est prévue ».
Christophe Suquet, enseignant de l’école d’Empalot mobilisée depuis près de 7 semaines, et membre du syndicat Sud Education 31, appuie également sur ce point, rappelant qu’aucune audience demandée à Hélène Bernard, rectrice de l’académie de Toulouse, n’a été accordée. « Nous attendons des garanties et un contrat viable concernant notre demande de classement en REP + » précise-t-il. C’est d’ailleurs ce mercredi 17 décembre que la manifestation se poursuivra devant le Rectorat qui doit statuer sur la nouvelle carte scolaire des réseaux d’éducation prioritaire (REP).
Quant à Jean-Philippe Gadier, secrétaire départemental SNUIPP FSU 31, il rappelle la colère des personnels scolaires, quels qu’ils soient, et relève le problème général de l’éducation en France. À mi-mandat de la présidence de François Hollande, il considère ne plus se faire d’illusions. « Attaquer le service public, c’est attaquer les conditions de travail de la fonction publique » s’exprime-t-il en référence aux 21 milliards d’euros d’économies prévus sur le service public pour 2015. En lutte contre la refondation de l’éducation prioritaire, la reconnaissance de la pénibilité du travail, le manque de moyens accordés aux établissements et la précarisation du personnel, les mobilisés refusent de s’opposer les uns aux autres, unis par leur volonté commune d’améliorer le système de l’éducation en France.
La rédaction
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