Depuis maintenant onze ans, Moustapha Rhalies est éducateur de rue. Au sens propre : il va à la rencontre des jeunes au bas des immeubles pour construire un lien avec ceux qui sont parfois livrés à eux-mêmes. Un mot d’ordre : lutter contre l’exclusion sociale.
Par Vanessa Stone
Vocation
Moustapha a une foi inébranlable en l’éducation populaire. Il est devenu éducateur de rue avant de savoir que le métier existait. Alors qu’il était encore jeune ouvrier dans une usine de son Lot natal, il a monté une association favorisant l’insertion, à travers le sport, le théâtre et les concerts. C’est à partir de cette expérience qu’il décide de se former et de devenir professionnel.
Chantiers
En plein été, le soleil tape sur les façades des immeubles de Saouzelong, mais peu de jeunes traînent dans la rue. Tous en vacances ? Oui et non. Beaucoup participent aux chantiers organisés par les éducateurs de rue. Avec le graffeur toulousain Rezo et l’association 50cinq, par exemple, ils décorent les façades de locaux associatifs. Dans le cadre du festival Convivencia, les jeunes préparent aussi des repas pour les bénévoles.
Mixité
« Con-viv-encia, vivre ensemble, voilà ce qu’on fait ! » Moustapha résume simplement une réalité complexe : celle de jeunes en perte de repères. « L’été, ils sont plus réceptifs puis le mélange des populations se fait plus facilement. Tous nos chantiers sont ouverts à tous et plus ça va, plus on a des enfants d’avocats et de médecins qui viennent travailler aux côtés des jeunes que je vois toute l’année ».
Main tendue
Et il n’y a pas que le travail. Un groupe de sept jeunes est par exemple parti faire du canyoning à Niaux un dimanche. Une autre occasion de créer des liens tout en pratiquant un sport en eaux vives : « C’est une leçon de vie : il faut se dépasser et il faut prendre la main que l’on te tend, sinon, tu ne t’en sors pas. »
Prévention
« Aujourd’hui, ce métier est plus important que jamais. C’est ici qu’on doit concentrer nos forces… Et non pas vers le tout sécuritaire ! Parce que nous, on apporte aux jeunes cette reconnaissance dont on a tous besoin. On les accompagne vers l’ouverture, vers le vivre ensemble. Mérah, Lahouaiej-Bouhlel, ce sont des échecs du système. Si l’on est assez, si l’on a les moyens, les éducateurs de rue peuvent prévenir les problèmes. »
La rédaction
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