Expéditeur : Christophe Vidal, Président de Toulouse Nocturne, maire de la Nuit de Toulouse, également éditeur du magazine Minuit, diffusé sur l’agglomération toulousaine.
Aux nuitards,
C’est ainsi que l’on nous appelle familièrement. Nous, car je fais partie, en qualité d’éditeur du magazine Minuit, des travailleurs qui effectuent un service de nuit. Vous avez été mis sur le devant de la scène, fin 2014, avec le compte pénibilité. Peu se souciaient des travailleurs de nuit avant cette réforme des retraites. Et pourtant, vous êtes 3,5 millions à travailler de minuit à 5 heures du matin (soit 15,4 % des salariés). Persistons dans les chiffres pour prendre la mesure de ce que vous représentez, en rappelant que 617 000 actifs non-salariés travaillent au moins occasionnellement la nuit. Sans oublier ceux du soir : quelque 23% de salariés qui travaillent après 21 heures (environ 5 millions de personnes). Vous, conducteurs de véhicules, policiers et militaires, infirmières, aides-soignantes et ouvriers qualifiés des industries de process, êtes les plus concernés par le travail de nuit, sans oublier les commerçants. Je m’adresse à vous car le travail de nuit a des conséquences sur votre santé et que pour certains d’entre vous, c’est un choix faute de mieux. La nécessité de cumuler les emplois pour joindre les deux bouts, de jour comme de nuit. Ce compte pénibilité est contesté. Pourtant il permet de prendre en considération vos conditions de travail et de vous accompagner pour mieux préparer votre retraite. Qui peut, humainement, remettre ceci en question ?
Le travail de nuit est un accélérateur sur le vieillissement
Selon une récente étude franco-britannique publiée dans la revue Occupational and Environmental Medicine, le travail en horaires décalés et le travail de nuit auraient un effet accélérateur sur le vieillissement cognitif. Il affecterait la mémoire, l’attention et la vitesse de réaction. Après dix ans, les pertes cognitives sont équivalentes à 6,5 années de vieillissement cognitif supplémentaires par rapport aux salariés diurnes. Un cortège de pathologies peut survenir : troubles digestifs, stress, syndromes dépressifs, maladies cardiovasculaires et risques de cancer, sans compter la fracture sociale qui s’opère entre vous et ceux qui vivent le jour. La bonne nouvelle est que les effets observés sont réversibles, cinq ans après avoir repris un rythme de vie normal complet.
Vivre au mieux vos nuits professionnelles
C’est un fait, la proportion de salariés travaillant de nuit a plus que doublé en vingt ans. Cela répond très certainement aussi aux besoins des usagers de la nuit en termes de consommation, loisirs… Il s’agit donc de vous accompagner pour vivre au mieux vos nuits professionnelles car vous participez au développement économique de notre pays la nuit. Aussi, j’ai entrepris de réaliser avec l’association Toulouse Nocturne deux études sur le poids économique de Toulouse la nuit et sur le nombre de travailleurs de nuit. Nous aurons des chiffres, vos chiffres qui nous permettront de porter votre voix chez les décideurs qui devront penser encore plus assidûment notre ville la nuit, à votre service. Récemment, j’ai rencontré des membres du ministère de la Santé, du ministère de la Ville et du ministère de l’Éducation Nationale et j’ai pu mesurer leur intérêt pour la parole que je porte sur le droit à la ville de jour comme de nuit, à la mise en lumière de tous ceux qui œuvrent la nuit. Le 7 avril, Toulouse Nocturne publiera le premier Guide « Toulouse en Mode nuit », de prévention et réduction des risques* avec un chapitre sur le travail de nuit. Il sera présenté en avant première à la seconde Cérémonie Les Nocturnes qui met à l’honneur les travailleurs de nuit. Nous poursuivrons ensemble…
Christophe Vidal
*Guide réalisé sous la conduite d’associations de prévention et réduction des risques : Actup, Arpade, Clémence Isaure, Prévention Routière, S.O.S Amitié, Astia, Arc en Ciel, APF…
Commentaires
gabriel le 04/04/2025 à 17:35
pour des infos sur la perturbation des rythmes du sommeil :
•de nombreux troubles somatiques (surtout digestifs et majoration du risque cardiovasculaire), psychologiques (stress, risque accru de pathologie dépressive, addictions à l’alcool ou aux drogues…).
•des problèmes psychosociaux et familiaux liés au mode de vie.
•et une survenue d’accidents accrue due à la somnolence et au manque de vigilance induit, lié à l’augmentation du temps de réaction aux aléas.
" La prévention des risques du travail posté en équipes et de nuit " : http://www.officiel-prevention.com/sante-hygiene-medecine-du-travail-sst/service-de-sante-au-travail-reglementations/detail_dossier_CHSCT.php?rub=37&ssrub=151&dossid=271