Chaque semaine, cet été, nous explorons le monde du travail. Dans la peau de ceux qui s’y frottent pour les premières fois. Chloé passe son été avec des animaux sauvages… au zoo de Plaisance-du-Touch. Elle a enfin trouvé sa voie.
Par Anne Mignard
Chloé connait le Zoo de Plaisance depuis toujours. Normal, ses parents habitent à côté. Mais elle n’avait jamais pensé un jour y travailler. Pourtant, cela semblait tout indiqué pour cette passionnée des animaux. Inscrite à l’université Paul Sabatier, elle vient de décrocher une licence en biologie et environnement. Cet été, pour la première fois, elle se retrouve en présence à la fois d’animaux et du public. « Et j’adore ça ! Expliquer comment les bêtes vivent, ce qu’elles mangent, ce qu’il faut faire, ne pas faire ; j’ai un côté prof ». La jeune fille est au contact du public à la caisse, à la cafétéria mais aussi lors du spectacle des otaries. Alors que les soigneurs donnent des ordres et guident les animaux, elle s’occupe du micro et de la musique. « La première fois, ça a été terrible, ça n’a rien de naturel de parler en public. On n’apprend pas ça à l’école. Déjà à la fac, lors des exposés oraux, j’étais pétrifiée, comme tout le monde. Maintenant, j’y ai pris goût. » Elle s’occupe aussi de présenter toute la collection d’oiseaux du parc. « Comment s’appellent-ils ? D’où viennent-ils ? Quelles sont leurs caractéristiques ? » Mais pas question pour elle de toucher une plume ou une nageoire. « On ne se rend pas compte mais très peu de personnes ont accès aux animaux et même les soigneurs qui s’occupent d’eux au plus près, ne font que les effleurer. Ils sont sauvages, le public a tendance à l’oublier. »
« Grâce à mon job au zoo, je veux orienter mes études vers les mammifères marins »
Derrière son guichet, à l’entrée, dans sa cahute, elle vend aussi les billets et explique le fonctionnement et le règlement du parc. « Je suis plutôt du style hyperactive, alors rester sur une chaise parfois pendant plusieurs heures, ce n’est pas mon style. C’était dur au début mais depuis j’ai appris à me contenir. Et puis les gens sont très différents. Certaines personnes sont adorables d’autres beaucoup moins, il faut sourire et toujours rester calme… » Pas facile quand le parc peut accueillir jusqu’à 2 000 à 2 500 personnes certains jours. Heureusement, selon l’étudiante, l’ambiance est bonne entre les 32 salariés à temps plein et la douzaine de saisonniers embauchés pour l’été. La rotation sur les postes permet parfois à l’étudiante de rejoindre le complexe oiseaux-otaries. Devenir soigneur ? Pas pour Chloé. C’est la recherche qui l’intéresse : « Depuis que je suis rentrée à la fac, j’ai beaucoup appris sur le comportement animal, l’écologie en général et le fonctionnement des écosystèmes. C’est passionnant et j’aimerais en faire mon métier. La recherche, c’est compliqué et il y a peu de postes mais c’est vraiment ce qui m’attire. La vie dans un zoo n’a rien de comparable avec la nature et son fonctionnement global. Grâce à mon job au Zoo African Safari de Plaisance, je sais maintenant que je veux orienter mes études vers les mammifères marins, j’adore les observer et je veux en savoir plus. » C’est pour cela qu’elle a choisi de partir faire son Master 1 à l’université de Cardiff, au Pays de Galles. « Je vais pouvoir continuer à étudier les océans et leurs habitants tout en me perfectionnant en anglais. Ça ne va pas être facile au début mais je suis confiante. Je passe mes journées au zoo à parler aux gens, alors il n’y a pas de raisons qu’il en soit autrement là-bas. »
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