Les responsables du Centre hospitalier universitaire de Toulouse ont fait le point ce vendredi 17 avril sur l’évolution de l’épidémie de coronavirus dans la Ville rose et la région Occitanie. La première vague est passée mais les équipes se préparent à affronter la suivante. Hôpital Toulouse – Purpan © Laura Benmeradi (Archives – JT)
« Nous sommes arrivés sur un plateau la semaine dernière, avec autant d’entrées que de sorties à l’hôpital. Et désormais, le nombre de patients atteints du coronavirus décroît », annonce Marc Penaud, directeur général du CHU de Toulouse. Avec, ce vendredi 17 avril, 113 personnes hospitalisées, dont 39 en réanimation, la baisse est en effet significative, puisqu’on en comptait dans ce service une soixantaine il y a dix jours. Une évolution comparable à celle observée au niveau national, y compris dans les zones les plus touchées, régions parisienne et Grand Est. « Les patients entrés fin mars et début avril ont, pour la plupart, regagné leur domicile. Désormais, nous n’accueillons qu’un nouveau cas tous les deux ou trois jours », précise Béatrice Riu, responsable du service de réanimation polyvalente à Purpan. Elle souligne les effets bénéfiques du confinement : alors qu’avant sa mise en place, une personne infectée transmettait le virus à trois autres, aujourd’hui, ce chiffre est tombé à 0,6.
Le nombre de nouveaux malades diminue également dans les 80 maisons de retraite de Haute-Garonne, dont 24 comptent au moins une personne infectée par le virus. En tout, six décès de résidents sont survenus en Ehpad et quatre lors de leur hospitalisation. Des chiffres qui sont toutefois peut-être sous-estimés : « Nous pouvons penser que tous n’ont pas été diagnostiqués », juge le professeur de gériatrie Yves Rolland. Il explique l’organisation mise en place en collaboration avec des cliniques privées afin de garantir deux à trois semaines de rééducation à ceux qui ont perdu leur autonomie à cause du coronavirus. Par ailleurs, le confinement aura des effets délétères : « Nous devrions observer un déclin fonctionnel, une diminution du moral et de l’appétit chez les personnes âgées contraintes de rester enfermées dans leur chambre pendant plusieurs semaines », prévient Yves Rolland.
L’accent est une nouvelle fois mis sur la sécurité sanitaire du CHU : « Beaucoup de gens ont peur d’être contaminés en venant à l’hôpital… C’est une crainte infondée. Nous avons installé les mesures barrières essentielles pour en faire un espace protégé », insiste Marc Penaud. Il rappelle notamment que des blocs opératoires sont exclusivement dédiés aux malades du Covid 19 et qu’il n’y a plus aucune chambre double. Le directeur tient aussi à démentir l’information selon laquelle la qualité de la prise en charge des patients atteints de cancer aurait baissé à Toulouse. « Cela a choqué nos équipes. Ces allégations, émanant d’un article de presse, ne reflètent pas la réalité. Tous les soins ont été appliqués dans les délais imposés et en fonction des recommandations nationales et européennes. Toutes les interventions chirurgicales nécessaires ont eu lieu et nous n’avons eu aucune remontée de difficulté particulière. »
Si la tendance est à la décrue, la vigilance reste de mise : « Nous ne désarmons pas et maintenons une capacité de montée en charge rapide en cas de besoin. Nous savons que la pandémie sera longue », rappelle Marc Penaud. Le déconfinement progressif annoncé, à partir du 11 mai, fait l’objet de nombreuses interrogations. « Nous devons définir la manière dont l’hôpital déploiera ses activités à l’avenir. Avec, notamment, la probabilité d’une deuxième vague à la fin du mois de mai, qui sera plus ou moins forte, en fonction des modalités de réouverture des établissements scolaires et de la reprise générale du travail. » D’où la nécessité pour les personnels soignants de se reposer. « Nous avons tous besoin de souffler avant d’affronter la résurgence du virus. Pour filer la comparaison sportive : nous avons d’abord fait un 100 mètres, puis nous sommes passés à une course de 800 mètres… Et maintenant, nous entamons un marathon », résume Vincent Bounes, chef de service du Samu 31.
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