Ce jeudi 27 juin, en conseil métropolitain, la majorité présentait une nouvelle version de l’étude de soutenabilité budgétaire de la troisième ligne de métro. Un financement jugé déséquilibré par l’opposition qui s’inquiète également de l’endettement croissant de la Métropole.
La troisième ligne de métro est-elle réalisable financièrement ? La question était à nouveau au centre des débats lors du conseil métropolitain de ce jeudi 27 juin. Comme il l’avait annoncé le 14 février dernier, Sacha Briand, vice-président de la Métropole en charge des finances, présentait une deuxième version de l’étude de soutenabilité budgétaire du projet, intégrant des mises à jour de certaines données et chiffres, dont ceux des comptes administratifs 2017 et 2018 de Tisséo, ainsi que son budget prévisionnel de 2019.
Devant l’assemblée, Émile Quinet et Robert Marconis, respectivement président et membre du conseil scientifique de Tisséo, organe indépendant créé en 2017, ont à nouveau validé la capacité du gestionnaire du réseau de transports à réaliser les investissements nécessaires. Toutefois, leur avis détaillé émis sur cette deuxième version contient des nuances et réserves de taille.
Le conseil scientifique y évoque notamment « une soutenabilité démontrée par des ratios d’épargne bas et qui pourrait bien ne pas supporter d’éventuels aléas et risques ». Le rôle central accordé au Versement transport (VT), taxe perçue par Tisséo auprès des entreprises desservies par les transports de l’agglomération, est également interrogé. Bien que le produit de ce VT ait été revu à la baisse dans cette nouvelle copie, sa courbe de croissance apparaît toujours « optimiste » selon l’instance.
« Zones à risques qui seront compensées par des hausses de tarifs et d’impôts », pour Pierre Lacaze, président du groupe communiste. « Financement reposant essentiellement sur un pari sur la dynamique économique », selon l’élu écologiste Régis Godec. Face aux craintes de l’opposition, Sacha Briand se veut rassurant sur les marges de manœuvre dont dispose Tisséo et souligne que la maîtrise des coûts et une gouvernance efficace du projet seront des facteurs déterminants de sa réussite. Le sénateur socialiste Claude Raynal estime, lui, que « ce plan n’a qu’un but, faire passer les municipales ». « Après, il y aura forcément des hausses d’impôts ou un découpage de la réalisation en plusieurs phases », anticipe l’élu.
Dans son avis sur cette deuxième version de l’étude de soutenabilité, le conseil scientifique évoque enfin une dette « qui pèse plus lourd, plus longtemps ». Et précise : « C’est la capacité de Tisséo à lever de la dette qui permettra de confirmer la faisabilité du projet ».
D’endettement, il en est aussi question concernant les finances globales de la Métropole. Le groupe Métropole Citoyenne a tiré la sonnette d’alarme sur une situation jugée préoccupante. « Alors que l’estimation initiale du plan d’investissement de Toulouse Métropole était de 960 millions d’euros, fin 2018, nous étions en réalité à 1,2 milliard et nous devrions atteindre 1,9 milliard dans deux ans. Soit 40 % de dépassement », dénonce Marc Péré, son coprésident.
L’autre coprésidente Michelle Bleuse fustige, elle, le fait que « Jean-Luc Moudenc mutualise la dette de la ville de Toulouse sur la Métropole » et prévient que « le prochain mandat sera celui des mains liées ».
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