Demain aura lieu la 18e commémoration de l’explosion de l’usine AZF. Alors que les pourvois en cassation seront examinés le 7 novembre prochain, les associations de victimes sont plus que jamais divisées.
Demain, à 10h17, retentira une sirène symbolisant l’heure exacte à laquelle, il y a 18 ans, explosait l’usine AZF. Elle marquera également le début de la cérémonie officielle en mémoire des victimes qui aura lieu au Mémorial situé sur les lieux du drame.
À quelques mètres de là, l’association AZF Mémoire et Solidarité, essentiellement composée des anciens employés de Grande Paroisse, filiale de Total et propriétaire du site, se recueilleront à 10h sur la stèle érigée en hommage aux disparus.
« Depuis les toutes premières commémorations, nous nous sommes toujours réunis ici. Et même si, depuis, les élus ont fait dresser un mémorial, nous resterons devant notre stèle, avec les ex-salariés », explique Jacques Mignard, le président de l’association.
Deux kilomètres plus loin, une troisième cérémonie est organisée, à 10h, par un autre collectif, celui des sinistrés, sur le rond-point du 21 septembre 2001. « Jamais nous ne nous joindrons aux anciens salariés qui sont à la solde de Total ou aux élus. Je suis d’ailleurs très en colère contre Jean-Luc Moudenc qui a comparé l’incendie de Notre-Dame-de-Paris à l’explosion d’AZF », lance Pauline Miranda, présidente des Sinistrés du 21 septembre 2001. Rappelant que, « à Toulouse, il y a eu des morts ».
Autant de tensions qui sont, cette année, ravivées par l’approche, le 7 novembre prochain, de l’audience durant laquelle la Cour de cassation examinera les pourvois de Grande Paroisse et de son directeur. Si les anciens salariés souhaitent la réouverture de l’enquête et la tenue d’un quatrième procès, les sinistrés, eux, se satisfont de la condamnation de la filiale de Total.
Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.
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Commentaires
PIERRE GRESILLAUD le 29/03/2025 à 01:22
De nombreux Toulousains, victimes de l'explosion, ne se contentent pas de la condamnation de Grande Paroisse et de son Directeur. Ils savent que la version des experts judiciaires ne tient pas la route à cause de très nombreuses incohérences et que ceux-ci accusent et permettent de juger sans preuve.
Les juges de 2017 ont omis de répondre à des conclusions importantes du dossier et notamment sur les carences des experts concernant le sous-sol de l'usine et de ses environs, son passé militaire, les données sismiques ainsi que les données électriques incontournables.
Les juges ont également omis de répondre sur la présence d'un avion pris en photo par un témoin au moment des deux bruits d'explosion, avion provenant de l'Est et passant au dessus du pôle chimique au moment de l'explosion.
Les juges on refusé de répondre quant à l'existence et l'examen des négatifs et des photos papiers qui devraient être dans le dossier depuis 2004 (pièce D5195 et D5209). Trois autres témoins ont également décrit cet avion dans leur PV d'audition. Ils ont été ignorés.
Un refus de réponse à des conclusions remises en 2017 est matière à cassation d'autant que ce témoin continue encore aujourd'hui à essayer de récupérer ses photographies originales qu'on semble lui refuser de rendre !
La cour de cassation, ainsi que le Ministère de la justice et la Présidence sont heureusement prévenus de ses démarches et de l'attitude étrange des acteurs judiciaires vis à vis de ces photographies.