Après l’annulation, ce vendredi 22 janvier, du Plan de déplacements urbains de Tisséo, le collectif Rallumons l’étoile, qui défend un projet de RER toulousain, appelle les acteurs du transport à se remettre au plus vite autour de la table.
« C’est le moment de jouer carte sur table », commence Benoît Lanusse, le président du collectif Rallumons l’étoile, qui défend un projet de RER toulousain. Il réagit à l’annulation par le Tribunal administratif, ce vendredi 22 janvier, du Plan de déplacements urbains (PDU) de l’opérateur de transport Tisséo Collectivité. La justice a estimé que ce plan n’exposait pas de « solutions de substitution raisonnables » au projet de troisième ligne de métro dans la Ville rose. L’occasion pour le responsable associatif de remettre en avant le sien, celui d’une étoile ferroviaire dans l’agglomération… « Mais cela pourrait se traduire par un débat d’oppositions stérile entre les tenants du métro et ceux du RER », craint le responsable associatif. Lui soutient la complémentarité des deux modes : l’ouverture de lignes RER, en attendant celle de la troisième ligne de métro, repoussée à 2028.
Selon lui, il ne faut pas attendre l’adoption d’un nouveau PDU pour agir. « Si on ne veut pas compromettre l’avenir, c’est maintenant qu’il faut étudier les alternatives à court et moyen terme. 2021 sera décisive pour mettre le RER sur les rails », affirme Benoît Lanusse. D’abord parce qu’en 2024, « 50 000 véhicules ne pourront plus circuler sur la Zone à faible émission de Toulouse et les dispositifs d’accompagnement prévus pour les automobilistes concernés sont insuffisants ». Rallumons l’étoile demande ainsi des mesures facilement applicables dans les deux ans à venir : une harmonisation de la tarification RER/Tisséo sur les 115 communes du périmètre du transporteur public, des cadences de 6 heures à minuit sur les deux lignes RER en cours d’évaluation (Colomiers-Arènes et Montauban-Castelnaudary) et une meilleure coordination entre les horaires des bus Tisséo et ceux de la Région, les LiO. « En optimisant ce qui existe déjà, on peut offrir de meilleurs services à un coût raisonnable », estime le président du collectif citoyen.
Autre argument qui plaide en faveur d’une prise de décision rapide : la signature du Contrat État-Région à l’automne prochain, qui établira le programme des grands projets d’aménagement du territoire jusqu’en 2027. « Ce texte définira ce qu’il est possible ou non de faire… Et il est justement en cours d’élaboration. C’est donc dès à présent que le sujet doit être mis sur la table », martèle Benoît Lanusse. L’occasion surtout d’aborder l’épineuse question du financement de l’étoile ferroviaire. Car si Toulouse Métropole et la Région, tous deux compétents en matière de mobilité, sont d’accord sur son principe, aucun d’eux ne veut le prendre à sa charge. « Ils pourraient s’inspirer de l’exemple du RER de la métropole Bordelaise, qui est cofinancé par la Région Aquitaine ».
Par ailleurs, Rallumons l’étoile se fera entendre pendant la campagne des régionales. « Nous comptons bien faire du RER un sujet incontournable de ces élections. Chacun des candidats devra se positionner sur ce sujet qui concerne directement un quart de la population occitane », confirme Benoît Lanusse. Il s’agit aussi pour Rallumons l’étoile de continuer à sensibiliser le public, en le conviant à des événements. Une visio-conférence, suivie d’un débat, est programmée le 9 février pour « comprendre l’histoire des relations entre la Région et Tisséo afin d’éclairer le présent et imaginer l’avenir ». Les Toulousains sont également invités à participer à la réflexion que mène l’association, jusqu’en juillet prochain, sur le nombre de stations que pourrait desservir le RER. « On peut envisager des gares plus proches les unes des autres, tous les kilomètres, sans que cela ne pèse sur l’exploitation », conclut Benoît Lanusse.
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