L’été a été chaud. Des incendies a répétition ont détruit plus de 9000 hectares de végétation dans le Sud-Est de la France. Fin juillet, 27 pompiers de Haute-Garonne ont prêté main-forte à leurs collègues. Sonia Dulion en fait partie. Lieutenante chez les pompiers volontaires, elle a passé cinq jours a chasser les flammes, jusque dans les Bouches-du-Rhône.
Par Gabriel Haurillon
SIRÈNE – « Quand j’étais petite, je regardais les camions passer en ville avec mes copains, on avait tous envie d’être dedans. » Dans un de ces véhicules rouges se trouve souvent le beau-père de Sonia Dulion, le major Louis Cahuzac : « Ce qu’il faisait me plaisait. Il avait un métier où il y a de l’action tout en aidant les gens. » L’année de ses 17 ans, en 1993, la blonde aux yeux rieurs passe le pas et s’engage chez les pompiers volontaires de Saint-Martory, exerçant donc sur son temps libre. Elle devient pompière professionnelle en septembre 2016.
GALLON – Lorsqu’elle part sur des feux de forêt, la Montréjeaulaise le fait au titre de pompière volontaire. Sonia Dulion appose alors un scratch barré de deux traits blancs sur sa tenue : le grade de lieutenant. Le reste du temps, Sonia redevient la seconde classe Dulion, pompière professionnelle et opératrice au centre de traitement de l’alerte de Colomiers : « C’est une autre facette du métier. On est seul face à la voix d’une personne en détresse, avec la responsabilité de déclencher ou non les secours. J’aime ça, même si j’ai vite des fourmis dans les jambes. »
SMS – Le 24 juillet dernier à 9h, le téléphone de la lieutenante Dulion vibre. Le message provient du centre opérationnel : « Prière de placer vos disponibilités sur le portail après accord de vos chefs ». Le lendemain à 8h, elle part de Colomiers aux commandes d’un camion-citerne feu de forêt et d’un équipage de trois sapeurs pompiers. Elle combat d’abord 70 hectares de feu de forêt de Montséret, dans l’Aude. Puis le 26 août, son véhicule est envoyé à Martigues sur un nouveau front.
CLAIES – Les claies de portage sont les pires ennemis de Sonia. Ces supports métalliques que les pompiers portent sur leurs dos pour déplacer des tuyaux pèsent 40 kg. « C’est très difficile physiquement, surtout quand le terrain est accidenté et que la surface est importante. » C’était notamment le cas à Monséret. « Le plus éprouvant reste de veiller à la sécurité de ses collègues, alors qu’on peut se faire prendre par le feu à tout moment. Sur ce type de mission, on connaît moins les reliefs et la végétation. » La lieutenante Dulion a refusé de passer un niveau supplémentaire d’habilitation la rapprochant davantage du commandement pour, dit-elle, « rester dans le feu ».
La rédaction
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