MAGIQUE. Que faire des aiguilles, pansements et autres détritus infectieux des hôpitaux ? Pour éviter de coûteux transports vers des centres de traitement de déchets habilités, la société toulousaine Tesalys a imaginé un petit broyeur qui transforme ces embarrassants détritus en confettis. – Maylis Jean-Préau © Thésalys
Il s’appelle Stériplus, et Miquel Lozano en est très fier ! « Nous avons créé l’entreprise Tesalys en 2012 autour du projet de ce broyeur de déchets infectieux », explique le président de la société. Issus dans la plupart des cas des hôpitaux et des laboratoires d’analyses, ces déchets (aiguilles, matériaux tranchants, produits sanguins…) contiennent des micro-organismes viables pouvant causer des maladies s’ils ne sont pas traités de façon spécifique.
La bonne idée de Tesalys, c’est d’avoir mis au point une machine à taille humaine, pouvant être utilisée dans une petite structure médicale, alors que les autres broyeurs existants sont réservés aux gros volumes. « En général, les déchets infectieux sont placés dans des bacs jaunes, puis transportés vers un incinérateur homologué », éclaire Miquel Lozano. « Mais comme il y a peu d’incinérateurs de ce type en France, les déchets effectuent de nombreux trajets. » Dans l’ancienne région Midi-Pyrénées, seuls deux incinérateurs, ceux du Mirail et de Montauban, sont habilités à traiter ce genre de déchets.
Avec Stériplus, fini les déchets qui se baladent sur les routes. « Pour l’installer, il suffit d’une prise électrique, d’une arrivée d’eau et d’un point de vidange, comme pour une machine à laver », assure Miquel Lozano. Une fois la machine en place, les bacs jaunes sont introduits dans la cave de chargement. Le broyeur déchiquette les déchets avant qu’ils ne soient exposés pendant 10 minutes à une température de 135°C grâce à la vapeur d’eau. « Les équipes médicales n’ont plus qu’à récupérer les confettis et à les mettre à la poubelle. Ces derniers seront ensuite traités par n’importe quel incinérateur. Et comme ils ont un pouvoir calorifique sept fois plus important que les autres déchets ménagers, ils sont particulièrement intéressants en termes de revalorisation énergétique », poursuit Miquel Lozano.
Depuis l’homologation de la machine en 2015, deux cliniques toulousaines, celles des Minimes et Pasteur, ont opté pour Stériplus. Mais c’est surtout à l’étranger que le broyeur de déchets a de l’avenir. Des structures médicales de 45 pays du monde en sont équipées. Une véritable avancée pour certains territoires où il n’existe pas de site de traitement des déchets mais plutôt des décharges à ciel ouvert.
La rédaction
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