Ovalie. En marge de la grande affiche Stade Toulousain/Glasgow, les cadets du Stade et de Colomiers s’affrontaient … La preuve que les jeunes pousses de notre métropole sont l’avenir du rugby.
L’événement a failli passer inaperçu. Les regards, comme les caméras, passés en mode continental, n’en avaient que pour les équipes françaises du Top 14, parties croquer le Munster, se faire épousseter par les anglais de Bath ou buter nez à nez face aux gallois des Ospreys. Aux abords du Stade Ernest Wallon, les camions des télés sont déjà là. Dans l’enceinte, les hommes de Guy Novès préparent à huit clos la rencontre du lendemain, qui opposera le Stade Toulousain aux écossais de Glasgow. Mais l’important est ailleurs, sur le terrain synthétique qui jouxte la pelouse des grands. Là, sous une méchante pluie glaciale, les cadets première année de Colomiers affrontent leurs homologues du Stade Toulousain. Quand les Columérins entrent sur la pelouse, c’est en favoris. Normal, au bout de 5 journées de championnat, ils ont gagné tous leurs matchs, engrangé 312 points pour seulement 10 encaissés : des monstres. Des petits monstres, mais des monstres. Alors, les jeunes stadistes savent à quoi s’en tenir. Seconds du classement à 5 points de leurs voisins de banlieue, ils n’ignorent pas que l’enjeu est important et l’équation simple : s’accrocher, ou décrocher. A l’orée du match, la tension est palpable et les loustics surchauffés. Bien avant le coup d’envoi, les échanges ont fleuri sur les réseaux sociaux et les promesses faites n’ont pas toujours les atours des belles valeurs du rugby. Difficile d’attendre du beau jeu quand les doigts sont gourds et les orteils congelés. Les en-avant se multiplient, les points ne seront marqués qu’au pied et au terme d’une partie incertaine, les stadistes l’emporteront de 3 points. Entachée de mandales, la rencontre aura aussi prouvé que dans un mimétisme un peu béta, les petits singent volontiers les travers des grands et qu’ici comme là, la testostérone peut obscurcir les esprits, comme les intentions affichées des entraîneurs. Pourtant, ce sont bien les valeurs du rugby que Laurent Violle, l’entraîneur des cadets du Stade met en avant. Pour lui, le respect est la première d’entre elles. À ces joueurs, il demande d’être heureux, épanouis, d’avoir du plaisir. Même discours chez Éric Jutge, son homologue columérin qui développe : « le plaisir passe par la frustration. À l’entrainement, on n’est pas là pour leur procurer du plaisir, on est exigeants, le plaisir passe par l’investissement, la concentration. Ce qui est important, c’est de leur permettre d’exploiter leurs capacités, le plaisir, c’est en match, sur le terrain. » À raison de trois entrainements et d’un match par semaine, l’investissement est une réalité qui ne masque qu’à peine le rêve : celui du Top 14. Pourtant, Éric Jutge veut tempérer les ardeurs : « certains joueront en 3ème série, d’autres, en 3éme division, d’autres en TOP 14. » Laurent Violle est encore plus précis : « Le passé a montré que très peu de joueurs franchiront le niveau supérieur. Environ 3% à 5% des joueurs obtiendront un contrat professionnel, ce n’est pas notre objectif. » Au terme de la partie, les vaincus font une haie d’honneur aux vainqueurs. Sous la douche, ils referont le match, avant de rentrer chez eux, faire leurs devoirs, passer à table et nourrir leurs rêves.
La rédaction
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